Des travailleurs à deux vitesses chez Fabricom

Philippe Bodeux
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Pendant que des travailleurs sont en chômage économique, d’autres travailleraient au rabais, dénonce la FGTB. La direction de Fabricom ne nie pas la soustraitance mais affirme ne rien connaître du montant des salaires.

  • <p>Fabricom est une filiale du groupe GDF-Suez active dans le secteur de la sous-traitance mécanique, hydraulique et<br />électrique pour les grandes entités industrielles comme ArcelorMittal. © Dominique Duchesnes</p>

    Fabricom est une filiale du groupe GDF-Suez active dans le secteur de la sous-traitance mécanique, hydraulique et
    électrique pour les grandes entités industrielles comme ArcelorMittal. © Dominique Duchesnes

Les 550 ouvriers wallons de la société Fabricom affiliés à la FGTB sont inquiets des fermetures d’outils industriels en région liégeoise et aux alentours. En particulier dans la sidérurgie (ArcelorMittal) et la production d’énergie (Electrabel). Ce lundi, réunis en assemblée générale, ils se sont engagés à mener des actions de soutien aux travailleurs d’ArcelorMittal en concertation avec les autres entités du groupe GDF-Suez auquel ils appartiennent.

« Nous allons nous battre pour maintenir les gros outils de production industrielle en Wallonie car c’est chaque fois de l’emploi à sauver, y compris dans la sous-traitance », explique Constant Koumbounis, président de la délégation syndicale FGTB chez Fabricom. Sous-traitant à Tihange ou dans les usines d’ArcelorMittal, Fabricom compte des équipes de mécaniciens de tuyauteurs ou d’électriciens. Et ce qui inquiète la délégation syndicale, c’est le chômage économique longue durée qui s’est installé alors que Fabricom sous-traite à son tour des tâches en recourant, à des sociétés où les salaires sont plus bas.

« À Liège, nous avons un chômage économique permanent. Une dizaine d’électriciens sont en chômage économique alors que la société fait venir des électriciens d’autres pays, payés à des salaires nettement moindres, explique Constant Koumbounis. Nous avons été en contact avec des personnes qui viennent de Roumanie, du Portugal ou de Tchéquie et qui travaillent pour Fabricom en étant payés 7 à 8 euros de l’heure, sans qu’il y ait de sursalaire lié aux heures supplémentaires ou aux prestations de week-end. Leurs frais de déplacements ne sont payés et certains logent dans des conditions précaires ».

La direction de Fabricom ne nie pas l’engagement de sociétés sous-traitantes pour des missions ponctuelles. Par contre, concernant le niveau des salaires, elle est plus circonspecte. « Les missions sont confiées à ces sociétés sur base d’un engagement aux résultats, déclare-t-on chez Fabricom. On ne connaît pas les salaires pratiqués par ces sociétés. Ce qui compte, c’est de répondre de manière satisfaisante à une mission bien précise ».

« Nous dénonçons des conditions de travail à deux vitesses : pendant que certains travailleurs sont en chômage économique, d’autres sont engagés au rabais », affirme, lui, Constant Koumbounis.

Vos réactions

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2. sfgp dit le 21/10/2012, 10:46

Ils devraient demander a Marrecour,il a probablement reçu "des marques d'intérêts".

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1. Herr Roland dit le 17/10/2012, 22:44

Ah, le joli monde globalisé, ultra libéral...

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