Les grandes tendances qui font le marché d’aujourd’hui

Laure Eggericx
Mis en ligne

Le marché de l’art actuel, qui se porte plutôt bien, est global, sélectif et dynamique. Il se signale par quelques records spectaculaires dans une époque marquée par la récession.

Les pièces recherchées aujourd’hui sont les chefs-d’œuvre, les œuvres d’exception et, dans des sphères plus accessibles, les pièces de qualité. Les pièces « moyennes » se vendent plus difficilement.

Les pièces signées ont le vent en poupe. Les tableaux certes, mais également les bronzes ou les verreries portant une signature du type Daum ou Gallé. La signature est considérée comme un gage de prix en cas de revente. Les bijoux se portent bien. Les montres hommes sont assez prisées alors que leurs homologues féminines sont dénigrées, trop nombreuses sur le marché. Les petites pièces se vendent facilement, y compris certains jolis petits meubles comme un secrétaire Louis XV, Louis XVI ou Napoléon III. Le mobilier Art déco se porte bien ainsi que tout ce qui tourne autour du design. Les peintures orientalistes, les grands noms de la peinture occidentale et belge se vendent bien.

Pas de miracle côté mobilier

Les prix sont à la baisse pour le mobilier en général. Aujourd’hui, posséder un meuble n’est plus une priorité. On optera plutôt pour des placards standards et l’on choisira un beau tableau ou un petit objet décoratif comme un bronze ou une petite sculpture. Les nouveaux châtelains ont désormais l’embarras du choix pour meubler et éclairer leurs vastes demeures à petits prix. Les lustres demandent de hauts plafonds, les grands meubles en chêne sont délaissés, les tapis ne trouvent guère preneurs et les textiles sont boudés, démodés. Il est par conséquent très facile d’acquérir une belle tapisserie pour quelque 6.000 euros et une pièce exceptionnelle pour 15.000 euros ! Les tableaux anciens se vendent à condition qu’ils soient en bel état de conservation, la moindre restauration leur fait perdre de la valeur et les œuvres à connotation rustique connaissent des jours très sombres.

Les salles de ventes jouissent d’un renouvellement de leur clientèle, surtout grâce à internet et aux nouveaux médias. On recense plus de jeunes et d’étrangers qu’avant en raison de la facilité de communication et d’une large diffusion de l’information via les sites.

Cette « nouvelle » clientèle ne se rend pas nécessairement sur place, à l’exception des acheteurs de bijoux qui se déplacent toujours et de tous ceux qui donnent priorité à l’émotion esthétique, ces acheteurs qui fonctionnent encore au coup de cœur et qui prennent plaisir à voir l’ œuvre de leurs propres yeux.

La dernière heure des salles traditionnelles n’a pas encore sonné ; les salles tout à fait virtuelles ne sont pas encore à l’ordre du jour. La salle qui a pignon sur rue a un côté humain et rassurant avec ses rendez-vous, ses expositions, ses experts et tout le personnel qui gravite autour.

L’art peut être un placement mais ne doit pas être envisagé comme tel de prime abord. Tous les acteurs du marché de l’art s’accordent à dire que le plaisir doit rester le premier moteur de l’achat. Que le plaisir rime avec un bon placement financier est possible mais l’inverse également.

Car l’art est tellement particulier que chaque pièce est unique et subjective. Son évolution au cours du temps est imprévisible car elle joue avec une part d’irrationnalité.

Osez la rencontre !