L’Afsca intègre un nouveau labo

Anne-Catherine De Bast
Mis en ligne

L'agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire s'installe dans l'immeuble autrefois destiné à l'épidémiologie. Le laboratoire régional traite 5.200 échantillons par an, notamment prélevés sur des denrées alimentaires.

  • Les techniciens du laboratoire de l’Afsca extraient certaines molécules des échantillons pour les analyser et les comparer à la norme. © MICHEL Tonneau.
    Les techniciens du laboratoire de l’Afsca extraient certaines molécules des échantillons pour les analyser et les comparer à la norme. © MICHEL Tonneau.

Les « travaux inutiles » de la Régie des Bâtiments trouvent parfois une issue favorable… La preuve : l’immeuble bâti en 1982 à Wandre pour l’Institut d’hygiène et d’épidémiologie – qui ne s’y est jamais installé –, vide depuis 1992 après une occupation provisoire du Fond des maladies professionnelles, vient d’être affecté. L’Afsca, Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire, y a installé son bureau liégeois. Le laboratoire régional était jusque-là implanté dans un immeuble vétuste et dépassé, dans le Laveu à Liège.

Mais si le bâtiment de près de 4.000 m2 autrefois destiné à l’épidémiologie avait été chauffé et gardé par un concierge durant une période, il avait aussi subi les ravages du temps. 2,8 millions d’euros ont été nécessaires pour l’adapter à sa nouvelle fonction et le mettre aux normes via le renouvellement des hottes de laboratoire, le remplacement des chaudières, le cuvelage des zones de stockage ou encore le compartimentage des portes et clapets coupe-feu. « C’est indéniable, ce nouveau laboratoire est beaucoup plus confortable et plus clair que l’ancien », lance le directeur Patrick Genot. Vingt-six personnes travaillent avec lui sur le site spécialisé dans les analyses de matières premières destinées à l’agriculture (engrais, aliments pour animaux et pesticides) et dans les denrées alimentaires. Le laboratoire vérifie également l’irradiation des aliments et la qualité des huiles de friture, et est en charge du contrôle de certaines migrations spécifiques depuis les matériaux de contact avec les denrées alimentaires, comme le bisphénol A.

Chaque année, 5.200 échantillons y sont envoyés, sur lesquels 8.000 analyses sont réalisées. A la demande de clients privés (17 %) mais surtout dans le cadre du plan de contrôles de l’Afsca (83 %).

Ce sont donc essentiellement des échantillons prélevés par des contrôleurs de l’agence qui arrivent dans des emballages scellés, ne comportant qu’un numéro, qui sont étudiés par le laboratoire liégeois. Des échantillons de viande, de poissons, d’engrais ou d’aliments pour animaux, dont certaines molécules sont extraites par différents procédés pour être étudiées, analysées et comparées à la norme.

« La plupart des analyses sont réalisées en 10 jours, précise le directeur de laboratoire. Les résultats non conformes sont transmis aux contrôleurs, nous appliquons la notification obligatoire. »

Les échantillons peuvent être conservés jusqu’à 2 ans dans le laboratoire. Histoire de pouvoir, le cas échéant, réaliser de nouvelles analyses et les comparer avec les premières.