La fièvre du mouton
Des milliers de moutons vont être sacrifiés à l'occasion de l'Aïd-el-kébir. L'abattoir de Droixhe est le seul de la province agréé pour cet abattage rituel. En 2011, 345 moutons y avaient été sacrifiés. Un chiffre en hausse.
Par tradition, par manque de temps, par méfiance à l’égard d’un processus administratif parfois complexe et souvent mal connu, à la mise à mort dans l’abattoir, de nombreuses familles musulmanes continuent de préférer l’abattage rituel à la maison : une pratique illégale et porteuse de risques sanitaires si elle n’est pas correctement encadrée. « Il faut miser sur l’information et la diffuser assez tôt dans les mosquées, auprès des relais de quartier, etc. », explique Patrice Lempereur, président du conseil de quartier de Bressoux-Droixhe.
Commémorant le sacrifice d’un ovin par Ibrahim (Abraham), la fête du mouton est un des principaux rendez-vous de l’année musulmane. Elle se pratique le dixième jour du mois du pèlerinage et aura lieu cette année à la fin du mois d’octobre. Cet abattage rituel, rappelle l’Agence fédérale de Sécurité de la Chaîne alimentaire (Afsca), doit se dérouler soit dans un abattoir agréé – et la viande est alors soumise à un contrôle vétérinaire –, soit dans un endroit spécialement équipé et connu des autorités, et dans ce cas le contrôle sanitaire n’est pas obligatoire. L’égorgement à domicile reste, lui, interdit.
En province de Liège, seul l’abattoir de Droixhe peut procéder à ces mises à mort rituelles : une cinquantaine d’animaux y ont été sacrifiés en 2009, 324 en 2010 et 345 en 2011.
« En pratique, l’acheminement des moutons se fera le jour de la fête, entre 13h et 16h, reprend le président du conseil de quartier. Ils subiront un examen sanitaire par un vétérinaire avant et pendant l’abattage. Cet abattage sera confié à des sacrificateurs spécialement habilités afin d’éviter toute souffrance inutile. Le sang sera récolté et dirigé vers la station d’épuration de l’abattoir. Les autres déchets seront stockés dans des containers situés à côté de l’abattoir et enlevés le soir par le clos d’équarrissage. » Mais avant cela, les déclarations d’abattage devront être faites les mercredi 24 et jeudi 25 octobre. L’abattage après la prière par un sacrificateur agréé aura un coût de 10 euros.
Des brochures explicatives sur la fête du Sacrifice et d’autres documents rédigés en collaboration avec l’Afsca seront diffusés dans les quartiers de Bressoux et de Droixhe dans les prochains jours.
Par ailleurs, le CCAP (www.ccapl.be), un centre laïc qui représente la culture de différents pays arabes, organise une fête le samedi 3 novembre au hall omninisport de Grivegnée à l’occasion de la fête du Sacrifice.
« Chaque année, cette soirée permet à tous de découvrir ou de redécouvrir diverses cultures arabes, mais surtout de manger et danser ensemble quelles que soient l’origine, la situation sociale et les convictions religieuses », se réjouissent les organisateurs.
Vos réactions
Voir toutes les réactions J'aimerais savoir comment ils vont éviter les souffrances "inutiles" car deux minutes peuvent s'écouler entre les incisions et la mort de l'animal qui se sent se vider de son sang. Et il y a d'autre risques sanitaires (même avec abattage encadré) car on égorge un animal de façon halal l



Nous faisons toute mëme moins de "bruit" pour tuer notre dinde de Noël ! Le voile, le mouton, les mosquées, les minarets, l'halal... Ni pour, ni contre mais est-ce la meilleure manière de s'intégrer que de plus parler que de tout cela. Un voisin musulman (brave gars, rien à voir vous me direz) m'a demandé si j'allais à l'église, j'ai dit non et lui m'a dit que j'étais un mauvais chrétien... en boutade je lui répondu que je préférais cela plutôt que d'être un bon musulman ;-)