Milquet : « Je ne suis pas revancharde. J'ai trop le sens de l'Etat »

Veronique Lamquin
| mis à jour

« Le PS a manqué d'une présidence forte », déclare Joëlle Milquet. S’exprimant pour la première fois depuis son éviction de la majorité à la Ville de Bruxelles, la vice-Première CDH ne veut « pas que les bassesses de la vie politique communale influent sur le gouvernement. » 

S’affichant combative et volontariste, Joëlle Milquet veut se concentrer sur le budget. Mais la blessure de dimanche soir n’est pas refermée. Dès qu’on lui parle de l’attitude du PS de la Ville de Bruxelles, le verbe se fait acerbe. « Le PS s’est allié avec le troisième parti, dont la tête de liste fait moitié moins de voix que le bourgmestre ou moi, et est soumis à information judiciaire. Ils ont pris le parti le plus faible, le plus docile, avec une hypothèque d’affaires ; or, faire plonger sa ville dans ce genre de climat, c’est à éviter. »

Rappelant qu’elle avait signé un accord pré-électoral avec les socialistes, la vice-Première CDH dénonce le manque de respect du texte. « En politique, il faut respecter ses accords, sinon on fait un autre métier. C’est aussi un manque de respect par rapport aux personnes. La manière dont on a trahi une confiance humaine ! En plus, cela vient de gens avec qui j’avais noué une relation de quasi-amitié. »

« Il s’agit d’une erreur politique majeure »

Interrogée sur ses sentiments à l’égard d’un Elio Di Rupo incapable d’imposer à ses troupes le choix d’une alliance, Joëlle Milquet affirme recevoir de nombreux messages de soutien en interne au PS. « Tous disent que j’étais la dernière personne à qui ils pouvaient faire ça. Ce qui a manqué, c’est évidemment une présidence forte d’Elio Di Rupo. A un moment, il faut une vision collective, une vision stratégique interne et une analyse minimale qu’il s’agit, au-delà de l’outrance humaine imméritée, brutale et grossière, d’une erreur politique majeure. Ce n’était sans doute pas la symbolique que je représente qu’il fallait toucher. »

« Maintenant, c’est fait, à eux d’en tirer les conclusions. Au PS, ils doivent se poser des questions sur le management interne. A eux de voir si, comme je le pense, ils ont fait une erreur politique. Je l’entends de toute part, notamment de gens de chez eux. Mais ce n’est pas à moi de les commenter. »

Vos réactions

Voir toutes les réactions

68. JUPITER dit le 21/10/2012, 13:21

OUFTI ! ''j'ai trop le sens de l'Etat'' !!! LOL .......................................... A près celle là, elle pourrait nous en racconter une autre ! ''La grande leçon à tirer du XXèm. siècle est quand même que la philosophie marxiste peut tout à fait s'accorder avec le foi gras. Ce qui est, en soi, un formidable message d'espoir.'' Jean Yanne.

Signaler un abus

Message constructif ?

oui 0 non 0
67. sfgp dit le 21/10/2012, 10:39

La phrase est incomplète "J'ai trop le sens de l'état....de mes finances.

Signaler un abus

Message constructif ?

oui 0 non 1
66. kelly dit le 21/10/2012, 07:59

Finalement vivons nous encore en démocratie dans ce pays ? La Suisse,avec des referendums pour les problèmes importants est le seul exemple que je connais. En plus c'est de plus en plus le Berlaymont qui décide et pas toujours judicieusement,e.a.concernant l'ouverture des frontières et l'immigration..

Signaler un abus

Message constructif ?

oui 1 non 0
65. RackamLeRouge dit le 21/10/2012, 01:11

Milquet met le doigt sur le VRAI problème, tout en ne s'en rendant pas compte comme d'habitude ! Eh oui, la politique NE DOIT PAS être un métier ! A la tête d'un Etat ou de tout institution publique, nous avons besoin de deux type de personnes: le premier type ce sont les techniciens qui savent s'occuper correctement de la gestion et ne doivent donc pas changer à chaque élection, c'est l'administration et elle doit être professionnelle, le deuxième type ce sont des gens qui n'ont seulement ont un idéal et une vision mais sont surtout créatifs ! Un artiste, par définition créatif, a déjà du mal à l'être toute sa vie, avec un certain succès, croire que les politiques en sont capables toute leur vie est un leurre, une escroquerie intellectuelle. Tant qu'on restera dans cette logique, la politique, dans tous les pays acceptant ce système, ne mènera plus à aucun progrès. Nos politiciens en vue ont tout simplement épuisé leur quota de créativité mais reste collés à[...]

Signaler un abus

Message constructif ?

oui 1 non 1
64. pbj dit le 20/10/2012, 19:17

Certes, nous avons voté. Ce qui est assez incompréhensible c'est que au regard des résultats, de décennies en décennies, nous puissions encore voter pour ceux là même qui durant tout ce temps étaient à la manoeuvre, donc responsables. Lorsque vous avez un produit qui n'est pas satisfaisant, vous ne l'achetez plus! Alors pourquoi sommes-nous aussi aveugles? L'une des raisons, ici bien visible et lors de la conclusion des crises et particulièrement lors de la dernière, c'est la rhétorique utilisée. Il ne s'agit pas nécessairement de mensonges mais d'omissions, de légères modifications sémantiques qui au total amènent le citoyen à oublier, anesthésié par l'idée qu'ils ne peuvent rien changer. Tout est fait d'ailleurs pour empêcher l'émergence d'alternatives, d'idées qui risqueraient de mettre à mal leurs avantages. Se tromper une fois, c'est humain, deux fois c'est de la négligence. Logique lorsque les responsabilités sont éludées en les rejetant sur d'autre[...]

Signaler un abus

Message constructif ?

oui 1 non 2
Voir toutes les réactions »