La FGTB secoue le cocotier hospitalier

Jean-luc Bodeux
Mis en ligne

L'avenir de l'aide médicale urgente, la répartition des activités entre les sites : le syndicat socialiste. Et pose un prérequis : un accord-cadre basé sur le non-licenciement, le reclassement et des garanties de formation.

Quel avenir pour le paysage hospitalier luxembourgeois ? Le dossier d’analyses et de réflexions livré voici peu avant les élections par la FGTB Luxembourg aurait pu être lié à ce scrutin, quand on sait l’incidence qu’il y a entre élections et décisions à prendre en la matière. Mais Christian Simon, secrétaire général des pensionnés de la FGTB, le certifie : « Ce n’est pas voulu. C’est un peu un hasard de calendrier. A la fin de l’été, on a pu rassembler les visions des diverses commissions qui ont planché sur ce sujet. Ceci dit, le débat a bien sûr été perturbé par les élections, mais en externe, pas chez nous ! Depuis 30 ans, on reporte des décisions pour des raisons précisément électorales et sous-régionalistes, et pas vraiment citoyennes. Et tout cela est préjudiciable pour attirer des médecins. Nous avons voulu apporter un regard global, dans le but d’assurer la défense des travailleurs du secteur de la santé, mais aussi exercer un droit de regard par rapport aux finances publiques dépensées dans ce secteur, assurées aussi par les contributions des travailleurs. »

Question inquiétudes, Lydia Feller, permanente CGSP à Vivalia, renchérit. « Il est important de rassurer au plus vite le personnel. On dit tout et n’importe quoi. Il y a beaucoup d’inquiétudes, et un certain fatalisme à Bastogne. »

Ce document fait suite à une réflexion similaire initiée en mars 2007 et « bien des points soulevés à l’époque restent d’actualité. » Désormais, le paysage hospitalier porte son regard sur l’horizon 2025, en sachant que les décisions devront tomber au plus tard en avril 2013, quand le directeur général de Vivalia Yves Bernard aura présenté son plan complet 2025 au nouveau conseil d’administration, suite aux élections. Pour la FGTB, l’aide médicale urgente est une question préalable et essentielle à régler de toute… urgence. Secundo, la localisation. Un, deux ou trois sites aigus ? L’idéal est un seul site avec des hôpitaux de proximité, pour concentrer à la fois des équipes spécialisées et du matériel performant mais coûteux. « Nous manquons de données objectives pour nous prononcer sur sa localisation et sur la question de savoir s’il est possible d’adapter un site existant. Mais la mobilité des patients et du personnel devra être analysée impérativement. »

Par ailleurs, la répartition des pôles de référence sur deux sites ne paraît pas cohérente à la FGTB, particulièrement en termes d’équipes médicales. Et si les atouts d’Arlon restent évidents, la FGTB ne croit pas que l’hôpital de Libramont drainera toute la patientèle du nord. « Un nouvel hôpital près de Champlon pourrait être une solution mais son coût pour une petite moitié d’habitants semble disproportionné. Et trois sites, ce serait le quasi statu quo qui ne résoudrait pas la problématique du recrutement en médecins, la maîtrise des coûts en matière d’investissements. »

L’analyse va bien sûr bien au-delà, la FGTB demandant surtout des décisions à long terme. Mais avec un prérequis : la négociation d’un accord-cadre basé sur le non-licenciement, le reclassement, des garanties de formation, un plan social, etc.

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