ArcelorMittal : peines de prison pour les voleurs d’acier

Laurence Wauters
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Le procès des vols chez ArcelorMittal a donné lieu à de lourdes condamnations ce lundi. L'homme qui était à la tête de ce vaste trafic de ferrailles écope de trois ans de prison ferme. Les autres bénéficient du sursis, mais devront débourser d'importants montants.

  • Environ 3 % du stock d’ArcelorMittal aurait été détourné durant la période infractionnelle, selon le sidérurgiste. © pierre-Yves thienpont.
    Environ 3 % du stock d’ArcelorMittal aurait été détourné durant la période infractionnelle, selon le sidérurgiste. © pierre-Yves thienpont.

Après une petite année de procès, le tribunal correctionnel de Liège a prononcé son jugement, ce lundi, dans le cadre des importants vols de métaux commis chez ArcelorMittal entre 2003 et 2008. Huit prévenus écopent de peines variant entre 10 mois de prison avec sursis et 3 ans ferme pour association de malfaiteurs, vol, faux et usage de faux. Un neuvième a été condamné à une peine de travail. Ces ouvriers auraient détourné quelque 30.000 tonnes d’acier au préjudice du géant sidérurgique, même si l’étendue du larcin n’a pu être intégralement prouvée.

Les hommes impliqués dans ce trafic, âgés de 42 à 55 ans et originaires de Seraing, Herstal et Liège, travaillaient comme camionneurs pour des entreprises sous-traitantes, comme grutier chez Shanks, et enfin deux autres officiaient chez ArcelorMittal, l’un en tant que chef de service (il délivrait les bons de pesée des camions) et l’autre comme préposé à la pesée. Environ 3 % du stock d’ArcelorMittal aurait été détourné durant la période infractionnelle.

Le système était bien organisé : les sites dits de « finishing » (Kessales, Tilleur…) produisent une grande quantité de déchets d’acier. Le surplus repart au centre de regroupement de Sclessin et c’est là, à l’arrivée, que les pesées étaient trafiquées et que les bordereaux de livraison étaient falsifiés. La matière détournée était écoulée grâce à la complicité de deux ferrailleurs de Bressoux et Gomzé Andoumont, René Franchi et Christian Médart. Ces derniers payaient la mitraille volée en cash, sans facture, et jamais à partir du siège social. Il n’a donc pas été établi qu’ils agissaient pour le compte de leurs sociétés, et si les deux hommes ont chacun été condamnés à 10 mois de prison avec sursis (plus les amendes, les confiscations et les indemnités), leurs deux sociétés ont été acquittées.

Les prévenus avaient été placés sous mandat d’arrêt en février 2009 suite à une plainte de la direction d’ArcelorMittal, qui avait constaté des déperditions de matière. Sur les sept restants, deux écopent de trois ans de prison (l’un avec sursis de 5 ans) et 2750 euros d’amende. Un autre écope de 2 ans avec sursis, tandis que trois des anciens ouvriers ont été condamnés à 12 mois avec sursis plus 1.100 euros d’amende. Un dernier, dont le rôle avait été moindre, aura à accomplir 200 heures de travail d’intérêt général.

Les peines de confiscation et les intérêts civils atteignent des montants élevés. Les confiscations, réparties en fonction de la participation des prévenus, équivalent à 750.000 euros au total. Au civil, la somme à rembourser s’élève à un peu plus de 1,6 million d’euros. Pour fixer ce montant, la juge Jacquemart s’est basée sur des camions de 27 tonnes à 200 euros la tonne, et ce durant 29 mois d’activités de l’organisation criminelle. Le groupe sidérurgique avait évalué la longueur de la période infractionnelle à bien plus, et estimait les pertes engendrées par ce trafic à 6,2 millions d’euros. Mais l’incendie, en juillet 2007, de son centre administratif de la place Kuborn à Seraing l’a privée de documents qu’elle n’a donc pu fournir au tribunal comme justificatifs.

Vos réactions

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1. Herr Roland dit le 24/10/2012, 12:50

Et M. Mittal, quand le met-on en prison?

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