Braine-l’Alleud: «Waterloo Uncovered» fouillera le champ de bataille jusqu’en 2020

Les participants à l’opération Waterloo Uncovered reviendront chaque année pour élargir la connaissance de la bataille.
Les participants à l’opération Waterloo Uncovered reviendront chaque année pour élargir la connaissance de la bataille. - V. F.

Des hommes penchés sur leur détecteur de métaux dans les champs tout autour de la ferme de Hougoumont, des drapeaux plantés aux endroits susceptibles de receler des vestiges intéressants, et des tranchées creusées jusque dans la cour de la ferme. Comme chaque été depuis 2015, l’opération « Waterloo Uncovered » a transformé pour deux semaines une partie du champ de bataille en champ de fouilles archéologiques.

Des fouilles pas tout à fait comme les autres. Si elles sont menées avec toute la rigueur requise de la part de spécialistes universitaires – de l’Université de Glasgow et de Gand, notamment – et d’archéologues professionnels – le service archéologie de la Région wallonne y participe –, on retrouve aussi à la manœuvre une trentaine de vétérans de l’armée britannique, aux côtés d’étudiants.

Waterloo Uncovered, qui implique environ 60 personnes cette année, vise à mieux expliquer le déroulement des combats de juin 1815, mais c’est aussi un programme de revalidation pour des militaires blessés physiquement ou souffrant psychologiquement après avoir participé à des combats récents, au Moyen-Orient ou ailleurs.

Et ça fonctionne plutôt bien puisque le gouvernement britannique vient de reconnaître l’association en tant que « Charity », ce qui lui assure un financement jusqu’en 2020 au moins. Appréciable lorsqu’on sait que le budget annuel est d’environ 150.000 livres sterling.

Militaires coincés

Au niveau historique, les résultats ne sont pas négligeables non plus. L’an dernier, les participants avaient mis au jour, dans la cour de la ferme d’Hougoumont, ce qu’ils pensaient être un mur. En élargissant leurs recherches depuis deux semaines, ils se sont aperçus qu’il s’agissait d’un pilier, et ont retrouvé une partie des fondations du mur en question.

Elles prouvent qu’il y avait un grand bâtiment face à la grange actuelle, et que les Français qui ont pénétré dans les lieux par la porte Nord avant d’être repoussés par les Coldstream Guards britanniques se sont retrouvés coincés dans une sorte de goulot d’étranglement.

Autour de la ferme et notamment dans le « killing ground », entre l’enceinte et le bois, les archéologues ont aussi trouvé des balles, un chien de fusil, des silex de mousquet et d’autres pièces que le public peut découvrir sur le site internet www. waterloouncovered.com.

Chaque objet a été répertorié et géolocalisé, et sera conservé par le service archéologie de la Région wallonne.

Et à Mont-Saint-Jean?

Par Vincent Fifi

Des archéologues bredouilles

Pour la première fois, les participants à Waterloo Uncovered ont étendu leurs recherches pour donner un coup de main aux archéologues wallons qui doivent procéder à des fouilles préventives à proximité de la ferme de Mont-Saint-Jean, avant des aménagements routiers pour améliorer la sécurité des usagers.

C’est que près de cette ferme, située à quelques centaines de mètres de la Butte et qui a servi d’hôpital pour les Alliés, des pièces intéressantes pourraient encore se trouver sous la surface du sol. Si c’est le cas, elles y sont toujours : les archéologues sont rentrés bredouilles ou presque. Ils ont seulement trouvé deux munitions… qui datent de la Seconde Guerre mondiale !

 
 
 
 
 
 

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