Le roman de gare d’Anouchka

Jean-philippe De Vogelaere
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L'Histoire se passe dans un kot de la cité estudiantine. L'ancienne Miss a appris à apprécier LLN au temps où sa fille y était étudiante. L'ambiance de cette ville baigne son roman policier.

  • Anouchka Sikorsky, égérie des jeunes dans les années ’80 sur les antennes de RTL, écrit à le plus souvent à l’ordinateur installé dans sa mezzanine, au milieu de ses livres et de ses souvenirs. © RENÉ BRENY.
    Anouchka Sikorsky, égérie des jeunes dans les années ’80 sur les antennes de RTL, écrit à le plus souvent à l’ordinateur installé dans sa mezzanine, au milieu de ses livres et de ses souvenirs. © RENÉ BRENY.

ENTRETIEN

Sa vie a-t-elle débuté avec son titre de Miss Belgique en 1974 ? Elle ne souhaite pas en faire tout un roman. Pourtant, c’est l’écriture qui porte aujourd’hui celle qui fut la première Miss à être engagée par RTL, après un passage par la RTBF. Les éditions Luc Pire publient ces jours-ci dans la collection Romans de Gare son deuxième roman : Meurtre à Louvain-la-Neuve. Entretien avec une Anouchka Sikorski, rouge de plaisir, comme son livre, dans sa maison de Rixensart.

Le premier livre sur LLN, « Jusqu’à preuve du contraire », de Bérengère Deprez, évoquait déjà un meurtre dans un appartement de la Grand-Place…

Quelle coïncidence ! Chez moi, tout se passe dans un kot, entre des étudiants qui se soudent face à l’adversité. Et interviennent deux inspecteurs un peu… originaux. Je ne vais pas en dire plus.

Pourquoi situer l’action à LLN et pas à Rixensart ?

D’abord parce que j’avais écrit un précédent livre sur le coin ici. J’attends de trouver un éditeur… Dans ce cas-ci, c’était une demande bien précise de Luc Pire pour sa collection Romans de Gare, où il privilégie des auteurs belges et une action qui se situe dans une ville belge. Alors j’ai choisi Louvain-la-Neuve parce que j’aime beaucoup cette ville. Elle est enthousiasmante, pleine de jeunes et de vie. J’ai appris à la connaître quand ma fille était elle-même étudiante. Elle y vit toujours. On y va se promener, parfois à l’Esplanade, mais le plus souvent dans les dédales de cette ville chaleureuse. Heureusement d’ailleurs qu’il y a ma fille pour me ramener car je n’ai pas beaucoup le sens de l’orientation !

Important de connaître les lieux pour les décrire ?

C’est le plus important à mes yeux car, au-delà du meurtre, qui reste évidemment le moteur de l’histoire, j’aime avant tout poser des ambiances. J’ai été lectrice avant d’écrire moi-même. Et ce que j’adorais, c’était des livres où je voyais des personnages prendre vie, avoir du corps.

Dans ce cas-ci, dans un livre de 144 pages…

Pas évident de respecter un nombre de caractères aussi restreint. Mais c’est le principe même de la collection, au format plus petit. Il m’a donc fallu aller plus directement à l’essentiel, mais sans oublier les ambiances qui me sont forcément chères.

L’appellation de « Romans de Gare » n’est-elle pas péjorative ?

Pas à mes yeux en tout cas. Simenon ou Agatha Christie en écrivaient. Ce qui compte, c’est d’être lu. Rappelez-vous les auteurs qui n’avaient pas voulu être publiés dans le format de poche parce qu’ils craignaient d’y perdre leur âme, ils ont vite changé d’avis…

La télé ne vous manque-t-elle pas ?

C’était une belle période de ma vie, mais pas une passion en soi. Avant cela, j’avais travaillé pour aider des enfants défavorisés, et après j’ai eu un restaurant parce que cela me tentait, puis j’ai travaillé dans la communication avant d’œuvrer dans l’immobilier avec mon compagnon. Et aujourd’hui, je peux me permettre d’écrire.

Une vraie passion ?

Depuis toute petite ! J’ai même écrit au fils de Kennedy à la mort de son père, ou des chansons pour Adamo. Aujourd’hui, je suis devant une page blanche ! Qu’est-ce que je fais maintenant de ce personnage qui me complique la vie et la sienne ? Je l’aime, mais zut !, qu’est-ce qu’il attend pour m’aider à poursuivre l’aventure ?