Le futur Passage du Centre inquiète
CHARLEROI. Conseil commuunal, syndicat SETCa, commerçants et riverains s'interrogent sur le projet. La destruction du passage du Centre en vue de sa reconstruction semble inéluctable.
La rénovation du passage du Centre n’en est qu’au stade de l’intention, plus que louable, d’un investisseur. Nous devons la défendre dans le cadre de la revitalisation du centre-ville. » Cri du cœur de Nicolas Martin, répondant au conseil communal de lundi, aux questions des conseillers Hambye, Mercier (CDH), et Viseur (Ecolo).
Les pourparlers se poursuivent régulièrement, entre propriétaires et commerçants de la galerie commerçante quinquagénaire et à vrai dire, vieillissante. Derrière les vitrines, on se fait doucement à cette idée. Ce que confirme Bruno Janssens, managing director de Quest for Property, investisseur intéressé par le projet. « Je ne compte exproprier personne. J’en reste à un projet de deux étages aériens de commerces surplombant deux étages souterrains totalisant 500 places de parking. Mon projet, étendu sur 7.000 mètres carrés a priori, s’étend dans le périmètre compris entre la Grand-rue, la rue des Capucins, et la rue de Naast. Les façades classées sont à examiner. »
« Le dossier est résolument en marche », confie un propriétaire. La présence d’observateurs effectuant des mesures au sol et sur l’une ou l’autre toiture confirme la déclaration.
Le chantier sera important. De la toiture des commerces, on peut mesurer la différence de niveau entre le bas de la galerie et le haut – une dizaine de mètres de haut, barrée par d’épaisses murailles de briques et des plaques de béton armé. Paul Beydts, parent des Briquet (une des familles à l’origine de la confection du Passage du centre, en 1955), se souvient des éboulements, lors de la phase de terrassement. Alourdies par des pluies, des terres avaient dévalé depuis les jardins de la rue Terre du Prince, jusqu’à la rue des Capucins, emportant un pavillon de pierre du XVIe siècle (voir par ailleurs). « L’entrepreneur n’avait pas étançonné sa tranchée ! », se souvient-il.
Le projet suscite la méfiance du Setca, au plan économique. « Les loyers seront forcément élevés, confie Bertrand Delplanque. Dans une région de Mons-Borinage appauvrie, où coexistent 14 centres commerciaux, il vaudrait mieux pérenniser ce qui existe (et donc relifter) le Passage au lieu de détruire et reconstruire. Ne sacrifiez pas les emplois des commerces actuels ni le vieux Mons ! Le Setca plaide pour une vraie concertation politique entre les acteurs du Cœur du Hainaut. »
Christiane Piérard, historienne, prévient : « Le sous-sol ici, est percé de caves extraordinaires et de souterrains de légende. Si on creuse, on trouvera des vestiges, qui susciteront des fouilles. Il faudra des ingénieurs en stabilité et des géologues compétents ! »








Erreur géographique Comme le signal fort bien l'extrait d'interview de M.Delplanque, il s'agit donc bien de Mons et non de Charleroi ^_^