« La vie est un grand théâtre »

Bruno Deheneffe
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Après 40 ans à la tête de l'adminsitration, le secrétaire communal passe de l'autre côté du miroir en devenant bourgmestre. Une belle revanche pour ce fils d'agriculteurs dont la vie s'est écoulée ayu rythme des rebondissements.

  • <p>Marc Duvivier n’aura jamais lâché les commandes de sa ville durant toute sa carrière professionnelle. Après 40 ans à la tête de l’administration, il s’apprête à ceindre l’écharpe mayorale. © coralie cardon</p>

    Marc Duvivier n’aura jamais lâché les commandes de sa ville durant toute sa carrière professionnelle. Après 40 ans à la tête de l’administration, il s’apprête à ceindre l’écharpe mayorale. © coralie cardon

Marc Duvivier fait partie de ces personnages dont on n’a jamais fini de faire le tour. Un roman ne suffirait pas pour retracer le parcours de celui qui, le 3 décembre prochain, tournera la page d’une carrière de près de 40 ans à la tête de l’administration athoise pour ceindre l’écharpe mayorale. Issu d’une famille d’ouvriers agricoles, le nouveau bourgmestre a vu le jour il y a 63 ans dans un hameau de Bouvignies (Ath). « Mon frère et moi avons été élevés à la dure. » Cette enfance vouée à la prospérité de la ferme de ses parents lui a forgé un caractère bien trempé.

« Dès l’âge de 10 ans, je moissonnais les champs tout en soignant les bêtes, d’où mon amour immodéré pour la terre et la ruralité. » A la maison, seules primaient les valeurs du labeur. « A 5 ans, j’étais déjà un élève très remuant. Il m’arrivait de faire l’école buissonnière. Déjà à l’époque, je n’aimais par les injustices et je prenais la défense des plus faibles. »

Des punitions, il en a récoltées ! Comme de passer une nuit avec un cochon. Il n’y avait pas de place pour les loisirs dans la vie du petit Marc qui se souvient avoir reçu un savon à la maison après une virée cinématographique où l’on projetait Coulez le Bismarck. Il garde aussi le traumatisme de l’incendie qui ravagea la ferme parentale. « Ce drame a fait naître chez moi un profond respect pour les pompiers. En voyant des pigeons plonger dans les flammes pour tenter de sauver leurs petits, j’ai aussi compris à quel point les animaux valaient mieux que certains êtres humains. »

Vers 18 ans, à la tête du comité de défense des petits planteurs betteraviers, il a pris d’assaut la tour Burbant et s’est barricadé 24 h à l’intérieur du donjon. Il fut ensuite engagé chez Bataille (engrais) en qualité d’ingénieur agronome tout en enseignant à Soignies. Le métier de secrétaire, il commencera à l’exercer dans son village natal, avant de le poursuivre à temps plein aux côtés de Guy Spitaels.

« Ce dernier m’a ouvert un tissu relationnel extraordinaire. » A la tête de la Société wallonne du logement pendant dix ans, il préside depuis 2005 le réseau national Astrid chapeautant les centres de secours. Ayant des vues assez noires sur l’avenir du monde qui laisse tant de jeunes sur le carreau, le futur maïeur sort d’une période de négociations qui confirme sa perception du genre humain.

« La vie est un grand théâtre. Comment faire comprendre que les événements antérieurs ont fait de moi un nouvel homme ? Désormais, plus rien ne revêt à mes yeux une importance capitale. »

Vos réactions

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1. TILMANT Jean-Paul dit le 29/10/2012, 13:28

"Fils d'agriculteurs"! Hé bien,monsieur Duvivier,ça,c'est du ...solide!,tous mes bons voeux vous accompagne dans la gestion de votre "bin amée" ville de Ath!,bien à vous!

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