Une vente à coups de millions de dollars !
L’Art moderne et l’impressionnisme seront en vedette à New York en ce mois de novembre avec des oeuvres de qualité et même d’exception. Et des estimations en proportion.
Alors que l’année 2012 s’avance tout doucement vers sa fin, la venue du mois de novembre s’accompagne traditionnellement pour les grandes maisons de ventes aux enchères de la tenue d’importantes ventes d’art impressionniste et moderne à New York. Si toutes auront à cœur de réunir des œuvres de haute qualité, avec des grands noms de l’art moderne européen, Christie’s semble d’ores et déjà tirer son épingle du jeu. Lors de la vente « Impressionist & Modern » qui aura lieu le soir du 7 novembre prochain, celle-ci proposera septante et une œuvres de qualité, voire d’exception.
Impressionnisme
Comme souvent dans ce genre de vente, il est d’usage de ne pas trop prendre de risques en sélectionnant des œuvres d’artistes majeurs, à condition toutefois de parvenir à convaincre leurs propriétaires de s’en séparer.
Ce sont dès lors des peintures d’Alfred Sisley (1839-1899), de Camille Pissarro (1830-1903) ou encore de Claude Monet (1840-1926) qui seront proposées à la vente. De ce dernier, Christie’s a le privilège de proposer pas moins de trois œuvres. Deux d’entre elles naviguent encore dans des eaux relativement abordables pour certains collectionneurs (Bateaux de pêche, temps calme, un tableau peint en 1868, est estimé entre 2 et 3 millions de dollars, tandis que Bloc de rochers à Port-Goulphar, réalisé en 1887, se voit affublée d’une estimation située entre 1,8 et 2,5 millions de dollars). Quant à la troisième, elle ne sera accessible qu’à quelques-uns. Véritable clou (du moins financier) de cette vente d’art impressionniste, ces Nymphéas de 1905 devraient se négocier entre 30 et 50 millions de dollars, mais ne devrait pas approcher, sauf surprise, le record pour une œuvre du genre, qui est de 71 millions de dollars (pour un tableau de 1919, aux dimensions plus importantes, vendu en 2008 également chez Christie’s). Dans un tout autre registre de prix, le tableau La place Saint-Augustin, temps brumeux de Gustave Caillebotte (1848-1894) sera vendu au bénéfice des Apprentis d’Auteuil, une fondation catholique qui œuvre à
la réhabilitation de jeunes en difficulté. Estimée entre 2 et 4 millions de dollars, cette très belle vue des rues du Paris haussmannien, peinte en 1878, devrait trouver un nouveau propriétaire.
Sculpture
Parmi les points forts de cette vente figurent également bon nombre de sculptures et bronzes d’artistes très appréciés sur le marché mondial (Alberto Giacometti, Henry Moore, Pablo Picasso, etc.). Plus rare, cette Muse de l’artiste d’origine roumaine Constantin Brancusi (1876-1957), exécutée en 1912, n’a plus fait surface sur le marché depuis 1986. Magnifique pièce du genre, le plâtre est estimé entre 10 et 15 millions de dollars. Avec cinq réalisations, Giacometti constitue l’autre sculpteur phare de cette vente. L’on portera son attention surtout sur l’une d’entre elles, Diego au manteau, qui passera pour la première fois en vente publique à cette occasion.
Etonnant portrait en buste de son frère Diego, au corps quelque peu démesuré, sa valeur est estimée entre 5 et 7 millions de dollars.
Pour terminer, il serait dommage de passer à côté d’une superbe œuvre de Vassily Kandinsky (1866-1944), intitulée Studie für Improvisation 8 et réalisée en 1909. Sa valeur, évaluée entre 10 et 15 millions de dollars, tient compte du fait qu’il s’agit d’une œuvre majeure de l’artiste, deux ans avant que celui-ci ne fonde « Der Blaue Reiter » à Munich en 1911. En lien avec ce groupe d’avant-garde expressionniste figure d’ailleurs une œuvre d’Alexej von Jawlensky (1864-1941). Peint en 1912, ce portrait de femme est l’un des rares nus peints par cet artiste à cette époque, pour lequel on devra débourser entre 3 et 4 millions de dollars.



