Un Magritte méconnu
Parmi les quelque 1.500 lots qui seront mis en vente mi-novembre chez Romantic Agony, le grand artiste belge revient à maintes reprises.
La vente des 16 et 17 novembre prochain chez le libraire de la rue de l’Aqueduc proposera quantité de grands noms du monde du livre, des arts, de la littérature, des sciences et des différents domaines du savoir. Apollinaire, La Fontaine, Dali, Vignola, De Samblanx, Piranesi, Holbein pour ne citer qu’eux. Magritte est bien représenté.
On le trouve là où on ne l’attendait pas (ou peu) et à des prix tout à fait abordables ! Par exemple, dans cette rare publicité pour la voiture de luxe italienne Alfa Roméo, le carrossier Snutsel et la couturière Norine, qui fut publiée dans deux éditions du Englebert Magazine en 1925. Cette composition stylée regorgeant de couleur signée « Magritte 24 » est proposée pour 100/150 euros.
Pas que la « peinture Magritte »
Dans un autre registre, on trouve une peinture de Magritte exécutée d’après deux célèbres toiles du Titien – Flora et Alphonse de Ferrare et Laura Dianti – qu’il condensa en une seule représentation montrant une jeune femme portant une chemise blanche. Il s’agit d’une de ses œuvres « d’après » que Magritte réalisa pendant la guerre pour pallier une situation financière très difficile, comme il en témoigne dans cette missive adressée à Mariën et publiée dans La destination : « Je traverse toujours une crise de fatigue intensive, je n’ai rien créé ces derniers temps, sauf commencé un Titien et un Hobbema, que je destine à une salle de vente ; je vais essayer ce genre de peinture, et si cela marche mieux que la peinture Magritte, je délaisserai celle-ci pour cause de bénéfice insuffisant. » Cet aspect, polémique certes, de la carrière de Magritte n’a pas encore été envisagé par les musées. Cette œuvre d’après Titien est l’une des seules attestées témoignant de cette pratique à un moment de sa carrière. Elle est datée de 1944 et porte une estimation de 10.000/15.000 euros.
Autre facette du grand bonhomme que l’on voit photographié en 1966 par Georges Thiry devant une porte extérieure (photo originale dédicacée à Léo Dohmen porte une estimation de 500/600 euros) avec ce dessin au crayon noir montrant un pompier casqué éteignant le feu avec son sexe démesuré (1946, 5.000/6.000 euros). Il s’agit là d’une des rares œuvres érotiques de Magritte exécutée à l’époque où il illustra Madame Edwarda, une nouvelle érotique de Georges Bataille.
Notons encore plusieurs zincographies pour des partitions musicales, deux dessins au clou sur stencils illustrant le bulletin mensuel du cercle d’échecs dont Magritte était membre (1950, 400/600 euros) et surtout, ce rare et célèbre Catalogue Samuel présentant des manteaux de fourrure vendus par la Maison du boulevard Bisschoffsheim à Bruxelles. On y trouve 16 compositions reproduisant gouaches et collages. (1928, 300/400 euros.)
Mentionnons aussi une couverture de Magritte pour une revue de mode et pour la revue new-yorkaise View, des lettres autographes, des tracts provocateurs, des illustrations et des textes dans diverses revues et un ensemble exceptionnel de courrier (surtout des cartes postales) de Magritte à Louis Scutenaire et à sa femme Irène Hamoir entre 1945 et 1967, date de la mort de Magritte, avec un florilège de suscriptions, du nonchalant « Mag » au fantaisiste « Ménage Scutenaire ». On en passe. Et des meilleures ! Rendez-vous dès le 9 novembre pour l’expo.
Infos www.romanticagony.com 40, rue de l’Aqueduc, 1060 Bruxelles. Vente les 16 et 17 novembre à 13 heures.








