Ferdinand Schirren, un monde en couleurs
Sculpteur d’abord, peintre ensuite, l’artiste était un amoureux inconditionnel de la lumière, de la couleur, d’une certaine douceur de vivre. A redécouvrir au fil d’une exposition.
C’est à Patrick Lancz, grand défenseur des créateurs de l’école belge, que l’on doit ce moment de retrouvailles avec les aquarelles – pour certaines inédites et jamais vues du public – d’un artiste peu connu.
Antiquaire depuis une vingtaine d’années, membre de la Chambre royale des Antiquaires de Belgique, l’homme entend assurer la promotion de techniques du travail sur papier, tels l’aquarelle, le dessin, la gouache, le pastel ou l’eau-forte. Il organise régulièrement des expositions, toujours accompagnées d’un catalogue soigneusement illustré, d’artistes tels Albert Delestanche ou Georges Lemmen et, cet automne, pour la troisième fois, de Ferdinand Schirren.
Le temps de la sculpture
Des parents mariés à Riga en 1864 et peu après immigrés à Anvers où ils vendaient des objets en fer-blanc, Ferdinand voit le jour le 8 novembre 1872 (il décédera le 20 février 1944). S’ensuit le déménagement de la famille pour Bruxelles et, pour l’enfant, des cours du soir à l’Ecole de dessin et d’industrie d’Anderlecht. 1887, il s’inscrit à l’Académie des Beaux-Arts de Bruxelles avant de poursuivre sa formation auprès du sculpteur Jef Lambeaux.
Sculpteur donc, Ferdinand Schirren réalise (1898) le portrait de Madame Blavatsky, fondatrice de la Société théosophique. La même année il devient membre du cercle « Labeur et Espoir » et, l’année suivante, expose cette importante sculpture avec le groupe devenu « Labeur ».
Poursuivant son travail de sculpteur, Schirren crée des pièces Art nouveau, conçoit des bijoux pour ma maison Wolfers (1899) et, vers 1904, réalise Le Gaz, figure symbolique pour la façade de l’hôtel de ville de Saint-Gilles.
Un peintre fauve
« Année importante que 1904 », commente Patrick Lancz qui avoue un amour particulier pour cet artiste.
« Sommé de choisir entre sa compagne, Maria Smeets et sa maîtresse et modèle Nel – laquelle épousera Rick Wouters ! –, il se marie, quitte Bruxelles pour la campagne et, en 1906, peint trois aquarelles exceptionnelles. Les premières œuvres fauves en Belgique ! Car Schirren aime la couleur, les couleurs vives, les couleurs fauves. »
L’artiste participe alors à de nombreuses expositions en Belgique, a droit à une exposition personnelle (Anvers, 1912) et, en 1917, à une première grande exposition rétrospective de 150 œuvres dans ce monument de l’histoire de l’art belge qu’est, à Bruxelles, la Galerie Georges Giroux.
Fin des années 10, Schirren quitte son épouse et, avec Yvonne Esser, son modèle préféré, s’installe dans le sud de la France. « Il y découvre la lumière, les couleurs chaudes, chaleureuses. »
De retour à Bruxelles après quelques années à Paris, Schirren met au point une nouvelle technique : « Il trempe sa feuille de longs moments dans l’eau. Ainsi, quand il la sort et la punaise sur sa planche à dessins, elle absorbe la couleur et donne un effet ouaté. »
Les œuvres de ce maître de l’aquarelle, inlassablement en quête de nouvelles techniques ? Les scènes et les objets du quotidien, les hommes, la nature et ses paysages, des bouquets de fleurs chatoyantes, des rêves d’enfant…
Exposition Schirren Jusqu’au 11 novembre dans la Galerie Patrick Lancz, 15 rue Ernest
Allard, 1000 Bruxelles. Tel : 0475/24 82 65. Heures d’ouverture : du mardi au vendredi de 14h à 18h, le samedi de 11h à 13h et de 14h à 18h.








