Pour ses 200 ans, l’ULg devient ULiège

L’Histoire retient que c’est le 25 septembre 1817 que le roi Guillaume 1er des Pays-Bas fonde l’ « Academia Leodiensis » qui deviendra l’Université de Liège. Une création qui est loin d’être ex-nihilo : depuis le 11e siècle, la Principauté de Liège entretient une tradition intellectuelle, sous l’impulsion de divers Princes-Evêques. L’année 1817 est emblématique : John Cockerill implante ses premières usines à Seraing et lance véritablement la première révolution industrielle sur le continent. Par la suite, l’Université de Liège, grâce notamment au développement de ses facultés de sciences appliquées, n’aura de cesse d’accompagner l’essor industriel de la Wallonie.

Deux cents ans plus tard, l’ULg devient ULiège et affirme son caractère liégeois. «  Près de 90 % des étudiants qui s’inscrivent pour la première fois l’université viennent de la province de Liège  », déclare le recteur Albert Corhay. Si les festivités du bicentenaire ont commencé dès le mois de mars et se poursuivent jusqu’en 2018, les principales manifestations sont concentrées durant le mois de septembre. Une course cycliste Gand-Liège – l’Université de Gand a été créée en même temps que celle de Liège –, l’ouverture de l’exposition prospective « J’aurai 20 ans en 2030 », la rentrée académique, la finale internationale du concours « Ma thèse en 180 secondes » ou encore la nuit des chercheurs.

«  Nous avons tenu à ce que l’Université descende dans la ville et affirme son rôle sociétal. Nous avons également lancé une étude prospective sur ce que sera l’Université du futur  », poursuit le recteur Albert Corhay qui, pour sa part, souhaite «  casser la logique des réseaux. Le financement par étudiant à l’intérieur d’une enveloppe fermée crée de la concurrence entre universités. Cela nous mine. Au contraire, nous devrions renforcer les collaborations et rationaliser certaines formations où il n’y a que quelques étudiants dans chaque université. Il faut supprimer les réseaux ! »

Le bicentenaire est aussi l’occasion de déposer un plan stratégique pour les années qui viennent (lire ci-contre) : 200 actions à mener dont les moyens financiers seront bientôt présentés au conseil d’administration de l’ULiège. Ce plan stratégique comprend également des mesures d’économie. «  Nous prolongeons le principe de deux départs remplacés sur trois. Ces économies en personnel réalisées les dernières années vont bientôt nous permettre de réallouer des ressources financières pour engager du personnel dans des filières en croissance dans l’optique de mettre les bonnes ressources au bon endroit », explique le recteur qui ne dévoila pas pour autant les mesures de réduction d’effectifs qui pourraient frapper le personnel scientifique.

Deux cents actions pour quatre défis sociétaux

Animer de nouveaux territoires… Pour son bicentenaire, l’Université de Liège repense son inclusion dans la société avec quatre défis : l’avènement d’une société de l’éducation et du numérique, la santé, la citoyenneté et la relation de la ville au territoire. L’ULiège veut repenser l’enseignement en intégrant davantage le numérique, en créant une structure de formation didactique commune à toutes les facultés ou encore un observatoire des métiers et des compétences. «  Nous sommes les seuls à créer une faculté d’éducation avec un lieu et une formation spécifique pour former les futurs professeurs  » déclare le recteur.

En matière de recherche, l’ULiège va notamment mettre en place un système de veille pour stimuler les thématiques de recherches prioritaires. Sur le plan international, elle veut élaborer un plan d’action pour améliorer son niveau dans les rankings. Enfin, en matière de gouvernance, l’ULiège veut renforcer la transparence dans les procédures de recrutement d’évaluation et de promotion. Ce plan stratégique comprend un volet immobilier avec une série d’investissements dans de nouvelles structures comme la création d’une newsroom pour étudiants en journalisme dans l’ancienne Grand Poste ou la création d’un FabLab (laboratoire utilisant des technologies numériques). L’Université va également se doter d’un nouveau site internet www.ULiège.be

0901 Unif 200 ans htxt programme.TXT

Bicentenaire de l’Université de Liège

Le 25 septembre, le jour de la naissance de l’Université, aura lieu une cérémonie en deux temps. En matinée, la remise des doctorats honoris causa à Bernard Serin (patron de CMI), Fatou Diome (écrivaine franco-sénégalaise engagée) et Rolf Tarrach (président de l’association européenne des universités). Dans l’après-midi, 1.000 invités sont réunis à l’Orchestre philharmonique de Liège pour la cérémonie proprement dite. Le 23 septembre, ouverture de l’exposition « J’aurai 20 ans en 2030 » à la gare des Guillemins et le jeudi 28 septembre la finale du concours international « Ma thèse en 180 secondes » qui met en valeur, de manière ludique et pédagogique, le travail de doctorant. Le 29 septembre, la nuit des chercheurs sur le thème « Intelligence artificielle et réalité virtuelle » à la Médiacité.

 
 
 
 
 
 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous

Le choix de la rédaction
  1. Jusqu’à 27
% des conducteurs contrôlés positifs à l’alcool sont de nationalité française à Couvin et Viroinval.

    «Alcool au volant» : quelles communes sont les mauvaises élèves ? (carte interactive)

  2. «
Si le marché n’est pas sûr que l’on pourra fournir l’électricité nécessaire, il s’énervera, les prix monteront. Il faut éviter cela. Comment
? Il est important de rassurer. Le rôle de la ministre.
» © Photo News.

    Bert Wollants (N-VA): «Marghem ne doit pas chercher des coupables, mais trouver des solutions»

  3. Le decret sur la sécurité et l’immigration a été adopté ce lundi. Mais l’exécutif fait de la résistance et le budget ne pourra pas suivre.

    Italie: les projets de l’extrême droite se confrontent à la réalité

Chroniques
  • Lettre du Brexit: ode au Parlement britannique

    Par Marc Roche

    A Londres, le mot « respect » est utilisé par les gangs d’origine antillaise pour justifier leurs sanglants règlements de compte. Que la Première ministre britannique, Theresa May, ait recours à cette terminologie des ghettos de la capitale pour dénoncer l’absence d’égards de l’Union européenne envers son pays après l’humiliation subie lors du conseil européen de Salzbourg souligne son profond désarroi. La cheftaine de la droite est revenue à la case départ après le rejet, le 21 septembre, par les Vingt-Sept de son plan de Chequers prévoyant la création d’une zone de libre-échange pour les biens industriels et les produits agricoles, avec des règles communes.

    Jouer les prolongations

    «  Le conseil européen de Salzbourg ne change rien à l’équation fondamentale : les deux camps souhaitent un accord. Mme May veut protéger l’économie britannique et rester au 10...

    Lire la suite