Avec Daba, c’est Maroc-lez-Charleroi

Caroline Dunski
Mis en ligne

Daba Maroc, une saison artistique et citoyenne se tient partout dans la  Fédération Wallonie-Bruxelles. A Charleroi, la danse marocaine contemporaine est l'invitée d'honneur.

  • <p>Vincent Thirion est le coordinateur de Charleroi Danses. photo Belga</p>

    Vincent Thirion est le coordinateur de Charleroi Danses. photo Belga

Entretien

Vincent Thirion est le coordinateur général de Charleroi Danses, conseiller artistique pour la programmation. Il nous parle du volet carolo du festival « Daba Maroc », un volet résolument placé sous le signe de ma danse contemporaine.

Connaissiez-vous la danse marocaine contemporaine avant cette opération ?

J’ai été au festival de danse contemporaine de Marrakech, il y a deux ans, et j’y ai rencontré plusieurs artistes, danseurs et chorégraphes. Chacun avait ce besoin vital et essentiel de faire de la danse, comme si sa vie en dépendait, et cela se traduisait de façon différente chez chacun. Ce festival est fait avec des gens, tous bénévoles, qui font tout avec rien.

Ce sont ces artistes que nous verrons à Charleroi ?

Nous avons trouvé important de présenter huit facettes de cette danse contemporaine marocaine. Il y a une reconnaissance forte du milieu professionnel autour de ce travail. Notamment de celui de Bouchra Ouizgen, avec Madame Plaza. Le fait que des femmes s’inscrivent dans un processus créatif et artistique qui interroge le rapport au corps fait d’elles des révolutionnaires. La Carte Blanche de Bouchra et d’Abdellah Taïa, qui provoque la rencontre de deux personnes fantastiques, l’une danseuse, l’autre écrivain, est à ne pas rater !

La danse est-elle une discipline accessible aux Marocains ?

Ce n’est pas facile pour eux. Saïd Aït El Moumen que nous accueillons en résidence, m’a raconté qu’il faisait 20 kilomètres à pied tous les jours, pour rejoindre le studio où il s’entraîne, et qu’il faisait encore un spectacle tous les soirs pour pouvoir s’acheter un vélo et passer plus de temps au studio ! Il nous présentera« Un mètre carré ». Souvent, au Maroc, ces danseurs se sont retrouvés à travailler dans des espaces restreints, comme une cuisine, un salon, une chambre à coucher… C’est cette réalité que raconte la création que nous coproduisons.

Y aura-t-il une suite à ces rencontres ?

La saison dernière, j’ai décidé d’amener les créations de Charleroi Danses au festival de Marrakech. Ça s’est super bien passé. Les gens ont applaudi trois fois pendant« De l’air et du vent »de Pierre Droulers. D’ici deux ans, j’aimerais mettre en place un projet de formation continue avec différents partenaires français, pour apporter notre pierre à l’édifice.