Dégazage à la décharge d’Anton

Luc Scharès
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Huit nouveaux puits dans une montagne de déchets.

  • Maigre consolation après des décennies de « tout à la décharge » : Anton va encore produire du gaz pendant de très nombreuses années. © D. R.
    Maigre consolation après des décennies de « tout à la décharge » : Anton va encore produire du gaz pendant de très nombreuses années. © D. R.

L’histoire de la décharge d’Anton a été une véritable saga locale en terre andennaise. Et ce n’est pas encore terminé, puisque son programme de réhabilitation entamé voici près de 20 ans n’en est pas encore à son épilogue. Ceci dit, cela va bien mieux que durant la période très mouvementée des années 1980. Ce qui n’empêche pas la Spaque (Société publique d’aide à la qualité de l’environnement) d’encore plancher sur le sujet. Elle utilise les biogaz toujours produits par la décharge (un million de mètres cubes de déchets sont stockés ici !) pour produire de la chaleur et de l’électricité à destination d’infrastructures situées à proximité. En particulier le centre Saint-Lambert qui accueille des déficients mentaux.

L’unité de cogénération est en place depuis une douzaine d’années. Mais voilà, les déchets se sont tassés de manière inégale au fil du temps. Et les anciens puits ont progressivement bougé, jusqu’à devenir inutilisables. Du coup, la Spaque est actuellement occupée à placer 8 nouveaux puits de dégazage à une trentaine de mètres de profondeur. Ces travaux de post-gestion de la décharge devraient prendre fin dans trois petites semaines. Notons que ces puits seront également équipés de pompes à lixiviats, ces liquides nés de la percolation des eaux à travers les déchets. Ces lixiviats sont traités sur place, dans la station d’épuration construite sur le site.

« Dès 1981, la décharge d’Anton reçoit certes des déchets de la Ville d’Andenne, mais surtout ceux de l’industrie chimiques ainsi que les déchets ménagers et industriels des 19 communes de l’agglomération bruxelloise, rappelle Jean-Frédérick Deliège, responsable communication de la Spaque. Il y a aussi eu des boues de dragage issues de la construction d’un pont barrage sur la Meuse. Au total, un million de mètres cubes de déchets y seront déversés. » Durant les deux dernières années de sa vie avant qu’on ne décide de sa fermeture en 1985, la décharge est intensivement exploitée. On y jette de tout et un même un peu n’importe quoi. Anton sert également de dépôt sauvage et clandestin. En 1992, la Région désigne Anton comme un des sites prioritaires à réhabiliter. La Spaque commence à s’en occuper l’année qui suit : on a recouvert le tout d’une fine couche de terre limoneuse avant de sécuriser, pomper, drainer, etc. L’endroit va encore produire du gaz pendant de très nombreuses années.

Osez la rencontre !