Les motards en pétard contre l’état des routes
La fédération belge des motards en colère a fait halte dans la région pour dénoncer l'état déplorable des routes. Action symbolique : Les nids-de-poule et autres crevasses sont montrés du doigt et entourés de vert.
Nombre d’automobilistes belges se plaignent de l’état des routes sur le territoire belge. Que dire des motards, alors ? Le Brabant wallon n’échappe pas à la règle. La Fédération des motards belges en colère (FMBC) y a fait entendre sa voix voici quelques jours.
« Une roue qui se coince dans une crevasse marque l’arrêt immédiat de la moto, avec les conséquences que l’on connaît tous. Elles ne pardonnent pas. Un bon nombre de motards ont déjà perdu la vie à cause de l’état catastrophique de nos routes », déplore Joe Vereecke, le président de l’ASBL.
Pour dénoncer cette situation qui perdure, les motards ont aussi fait halte, voici quelques jours, dans la Jeune Province, notamment du côté de Nivelles et de Braine-l’Alleud, pour marquer d’un cercle vert fluo bien visible les endroits les plus périlleux.
« Notre but est de sécuriser les routes. Mais il faut savoir que le mélange tarmac/gravier pour réparer les voiries est ridicule. Il ne tient que deux ans et après, des gravillons se forment tout autour. Cela en devient glissant pour les motards mais aussi pour les voitures. C’est un peu comme mettre un pansement sur une jambe de bois », poursuite Joe Vereecke.
Et le président de la Fédération belge des motards en colère de conclure : « Le gros problème, ce sont les petites entités comme Baulers par exemple. Il y a trop de voiries et les communes ne savent plus où donner de la tête. En tant que citoyens, nous remplissons nos devoirs, je pense qu’il est temps que le politique remplisse aussi les siens. Nos routes doivent être beaucoup plus sécurisées et sécurisantes. Un premier pas serait déjà de reconnaître la problématique. Il ne faut pas oublier que nos enfants se promènent aussi à vélo et que c’est dangereux pour eux. »
Questions à Joe Vereecke
Président de la Fédération belge des motards en colère
Joe Vereecke, l’hiver vous fait peur ?
Très clairement, surtout lorsque l’on voit déjà dans quel état sont nos routes actuellement. C’est toujours la même rengaine. On constate le problème au début de la saison et on reporte encore et encore les travaux.
Dans d’autres pays, la situation est la même ?
Pas du tout. En France, c’est un vrai plaisir de rouler. La Belgique jouit d’une très mauvaise réputation à l’étranger. D’ailleurs, dans une brochure touristique aux Etats-Unis, on prévient les voyageurs que s’ils louent un véhicule, ils doivent faire attention à l’état de nos routes.
C’est tout de même affolant…
Surtout que l’on parle de plus en plus de sécurité routière… Personnellement, je ne parle même plus de sécurité routière mais de sécurité rentière à cause de la répression. Les autorités trouvent plus d’intérêts à verbaliser plutôt qu’à éviter les problèmes… Cela rapporte plus d’argent. Rouler à moto, c’est devenu malheureusement quelque chose de stressant au quotidien. Alors qu’à la base, c’est une passion, un plaisir.
Les hommes politiques sont-ils sensibles à votre cause ?
Je pense que la prise de conscience arrive, même si c’est très lent. En tout cas, je ne pense pas que nous sommes mal vus par les politiques qui se rendent compte qu’il faut aussi intégrer les motards.



