Côté kots, les étudiants sont devenus plus exigeants
A Namur, de plus en plus d'étudiants cherchent un kot ou un studio tout confort. Il y a un changement dans les mentalités, selon les promoteurs immobiliers. Mais les plus petits propriétaires n'arrivent pas à suivre.
Une minuscule chambre, un communautaire crasseux, des installations d’un autre âge… Ce genre de logements pour étudiants est, malheureusement, encore monnaie courante à Namur. Or d’après les promoteurs immobiliers, les étudiants (et leurs parents) exigent de plus en plus des critères très stricts de propreté, d’équipement ou de sécurité.
Dans la rue Basse Marcelle par exemple, un nouveau projet de logements de « haut standing » pour étudiants est en construction : 41 studios de 35 m2 et deux appartements, le tout dans un bâtiment entièrement rénové. Le loyer ? 350 euros par mois, hors charges.
« On se bat pour que ce montant reste raisonnable, même si c’est évidemment plus cher qu’un kot classique », commente Paul De Sauvage, le promoteur du projet (Actibel).
Des loyers pas donnés
pour quelques m2
Si l’offre est également ouverte aux jeunes travailleurs, les étudiants constituent bel et bien le cœur de ce business en pleine expansion à Namur. « Nous n’aurons aucun problème pour trouver acquéreur », poursuit-il.
« Avant, les étudiants se contentaient d’une petite chambre avec communautaire. Aujourd’hui, ils se tournent de plus en plus vers le confort et la sécurité. » C’est particulièrement le cas des étudiants étrangers. En 2010, le Cinacien Frank Gérard a racheté une maison de maître pour y aménager 24 studios et appartements ultra-luxueux sous une marque déposée, « Kôtel ». Les loyers des chambres oscillent entre 425 et 600 euros par mois, toujours hors charges. Tout est complet. Seuls 15 % des occupants sont de nationalité belge. « Il y a un réel manque de qualité dans l’offre des logements pour étudiant », souligne Frank Gérard. « Or de plus en plus de parents exigent un bâtiment irréprochable et aux normes. » Un sentiment que partage également Vincent Gengler, directeur du secteur social des FUNDP.
Reste ce problème majeur : à Namur, le loyer moyen pour les kots ou les studios est bien plus élevé que dans les autres villes, d’après une étude parue en 2011 à l’initiative du ministre Jean-Marc Nollet. Gembloux, Liège, Mons, Louvain-la-Neuve… Toutes ces villes, qui comportent également une université, affichent un loyer moyen inférieur à ceux de Namur.
L’Association des propriétaires de kots namurois (APKN), qui rassemblent plus de 130 particuliers, voit d’un mauvais œil ces projets portés par les grandes sociétés immobilières. « On est en train de tuer les petits propriétaires, réagit Thierry Materne (lire également ci-contre). Mais surtout, nous avons d’innombrables étudiants qui ne savent pas mettre plus de 200 euros de loyers pour un kot ! » Mais tant dans l’offre de logements qu’au niveau des exigences, le « haut standing » devient tout doucement la norme.







