Charleroi: un pôle universitaire innovant s’installe en cœur de ville

Avec la Ville de Charleroi, l’ULB, l’UMons, l’Université ouverte de la FWB et la Haute Ecole provinciale Condorcet ont signé ce mardi la convention fondatrice de l’ASBL «
Centre universitaire Zénobe Gramme
». © D.A.
Avec la Ville de Charleroi, l’ULB, l’UMons, l’Université ouverte de la FWB et la Haute Ecole provinciale Condorcet ont signé ce mardi la convention fondatrice de l’ASBL « Centre universitaire Zénobe Gramme ». © D.A. - D.A.

Quatre opérateurs d’enseignement, de formation et de recherche qui s’associent au sein d’une même structure pour booster l’offre d’enseignement supérieur, c’est une première en Fédération Wallonie-Bruxelles.

Avec la Ville de Charleroi, l’ULB, l’UMons, l’Université ouverte de la FWB et la Haute Ecole provinciale Condorcet ont signé ce mardi la convention fondatrice de l’ASBL « Centre universitaire Zénobe Gramme » (CUZG) qui vise à la création d’un nouveau pôle actif dans l’enseignement supérieur et universitaire, la formation, la recherche scientifique, la diffusion de la culture scientifique et la sensibilisation aux métiers scientifiques et techniques.

L’arrondissement de Charleroi est celui qui compte le moins de diplômés du supérieur, avec un taux de 18,1 %. Si ce chiffre marque une augmentation de 2,7 % en comparaison à 2001, il reste en décrochage par rapport à la moyenne wallonne qui s’établit à 23,9 %. L’objectif, c’est de rattraper le retard dans un bassin de vie à haut potentiel : le comité de développement stratégique de Charleroi Thuin en a fait une priorité.

Le CUZG constitue l’un des piliers du futur campus des sciences, des métiers et des techniques sur le site de l’université du travail. Il bénéficie d’un financement de la Wallonie et de l’Europe dans le cadre de la programmation Feder 2014-2020 : cette aide doit soutenir la rénovation du bâtiment Gramme construit en 1907 par Albert et Alexis Dumont. Il s’agit d’une infrastructure de près de 18.392 mètres carrés, dont 10.000 dédiés à l’accueil d’activités. Au plus tard pour la fin 2023, l’édifice sera équipé en salles de classe, auditoires, labos, espaces d’e-learning et lieux de convivialité partagés entre les quatre partenaires. Un quart de l’espace sera dédié aux bureaux et à la recherche. Comme l’a indiqué le bourgmestre Paul Magnette (PS), l’ambition est d’accueillir une masse critique de 10.000 étudiants chaque année, grâce à une offre large et diversifiée que compléteront d’autres opérateurs installés sur le site.

L’opération vise par ailleurs à revitaliser ce quartier au sud-ouest de l’intra-ring urbain. Le député provincial Serge Hustache (PS) s’en est réjoui : les échanges entre communes hainuyères et province se sont intensifiés, le projet de CUZG en est une belle illustration. Le produit de la vente de 75 % de l’immobilier aux partenaires lui permettra de financer le rachat à l’ULB du domaine de Parentville à Couillet, pour y relocaliser les services centraux de la direction générale des affaires sociales et le département « Hainaut sport. »

Présente à Charleroi depuis près de 40 ans, l’UMons y est le premier opérateur universitaire en termes d’importance a souligné son recteur Calogero Conti. En 2017, quelque 750 étudiants s’y sont impliqués dans neuf cursus universitaires. L’ULB a fait de Charleroi le bastion avancé de son ancrage wallon, a rappelé son recteur Yvon Englert. Quant à l’administrateur délégué de l’Université ouverte de la Fédération Dominique Cabiaux, il a insisté sur le caractère innovant d’une offre qui a mobilisé l’an dernier 13.500 heures de formation au profit de plus de 2600 inscrits.

Cinq ans pour concrétiser le projet

Par Didier Albin

Le Centre universitaire Zénobe Gramme a pour vocation de promouvoir l’enseignement supérieur à Charleroi. Sous l’impulsion de Paul Magnette, sa requalification a été intégrée dans le portefeuille de projets Charleroi District Créatif (DC) cofinancés par la Wallonie et le Feder. La Ville a obtenu une enveloppe de 142 millions dont 15,3 dédiés à l’imposant bâtiment Gramme, au cœur du futur campus. Chacun des quatre partenaires a apporté un capital complémentaire de 2,5 millions pour en porter le total à 25 millions. Le CUZG va désigner un bureau d’études et d’architecture qui devra travailler dans cette contrainte budgétaire. Dans la foulée, une demande de permis sera introduite, avec l’objectif de pouvoir démarrer le chantier en 2019-2020. Des aides additionnelles seront sollicitées auprès de la Région wallonne pour les parties classées du patrimoine. La réception devra intervenir au plus tard en 2023.

 
 
 
 
 
 

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