Le monoxyde de carbone plus mortel que jamais
Sur les 32 intoxications motelles enregistrées ern Belgique en 2011, 13 ont eu lieu en province de Liège. Un appareil défectueux allumé à l'entrée de l'hiver peut engendrer des dégâts considérables.
Le dimanche 1er janvier 2012, Nathan, âgé de 3 ans, était mortellement intoxiqué en même temps que sa maman par le monoxyde de carbone que refoulait le chauffe-eau de la salle-de-bains. Quelques jours plus tard, trois autres personnes devaient être évacuées en urgence pour les mêmes raisons à Welkenraedt.
Puis ce fut le tour d’une jeune Verviétoise enceinte et de ses trois enfants qui, victimes aussi d’un chauffe-eau défaillant, durent être transportées d’urgence au CHU pour être placées dans un caisson à oxygène.
Le « tueur silencieux », comme est surnommé le monoxyde de carbone, réclame son dû chaque année. En province de Liège plus qu’ailleurs puisque, rappelait mardi le Centre antipoison dans la dernière édition du registre fédéral des intoxications au CO, les risques d’y être intoxiqué sont supérieurs à la moyenne nationale : une incidence de 11,05 pour 100.000 habitants alors que la moyenne belge est de 9,16. Mais surtout, c’est dans la province que les décès sont les plus nombreux : 13 cas mortels (sur un total de 119 victimes liégeoises) y ont été enregistrés en 2011, sur les 32 déplorés dans l’ensemble du pays.
Plus précisément en province de Liège, 3 intoxications en 2011 trouvent leur explication dans un suicide ou une tentative de suicide, 9 dans un accident professionnel, 104 dans un accident – le plus souvent, un dysfonctionnement de l’appareil de chauffage. Les trois derniers cas n’ont pas été suffisamment documentés.
Ces 119 victimes liégeoises, rapporte encore le rapport, sont liées à 55 accidents qui dans plus de 50 % des cas, ont eu lieu de novembre à janvier. Puis leur nombre diminue progressivement avec la sortie de l’hiver, chute totalement au plus fort de l’été (aucun accident enregistré en juillet et août), et augmente à nouveau avec l’arrivée de l’automne et la remise en route des appareils de chauffage. La même terrible logique explique que quatre fois sur dix, l’inhalation de gaz toxiques a lieu dans le salon ou la salle-de-bains, là où sont généralement installées les sources de chaleur. Ce sont d’ailleurs les appareils produisant de l’eau chaude puis les chauffages à charbon qui expliquent un grand nombre de ces accidents.
Plus fragiles, moins aptes à détecter seuls les premiers symptômes d’une intoxication, les enfants sont particulièrement exposés puisque la classe d’âge 0 à 9 ans est, en province de Liège en 2011 toujours, celle qui a le plus souffert de ces accidents.



