Le diamant inestimable de l’archiduc Joseph

Jean Vouet
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  • La pierre ornait la bague de fiançailles de Marie de Bourgogne en 1477. © D.R.
    La pierre ornait la bague de fiançailles de Marie de Bourgogne en 1477. © D.R.

Christie’s a le privilège d’inclure dans sa vente genevoise du 13 novembre un diamant historique. Comme c’est le cas dans toutes les catégories du marché de l’art pour les lots très importants, l’estimation n’est pas imprimée dans le catalogue. En effet, les pièces exceptionnelles n’ont pas de prix et ce n’est donc qu’une indication que le département joaillerie communiquera à toute personne (sérieusement intéressée) qui lui en fera la demande…

Jusqu’en 1725, les diamants provenaient exclusivement des Indes et les mines de Golconde étaient fameuses pour la qualité de ses gemmes. Certaines, parmi les plus importantes pierres découvertes, y furent mises au jour. C’est le cas du Blue Hope, mais aussi du Koh-i-Noor qui fait partie des joyaux de la Couronne britannique. C’est aussi le cas du diamant de l’archiduc Joseph qui impressionne par sa transparence parfaite. 800 ans avant notre ère, l’on extrayait déjà des diamants dans ces mines légendaires. Bien entendu, à l’époque, la taille était tout autre et les artisans de l’époque n’avaient pas les outils et l’expérience des diamantaires de nos jours pour exploiter au mieux les qualités des plus belles pierres.

6,5 millions de dollars

La pierre doit son nom à l’un de ses illustres propriétaires, l’archiduc Joseph (1872-1962), petit-fils de l’empereur Léopold II d’Autriche. Son plus lointain ancêtre, Frédéric III de Habsbourg, négocia les fiançailles en 1477 de son fils Maximilien avec l’héritière des Etats bourguignons, Marie de Bourgogne, une union qui allait faire des Habsbourg l’une des familles les plus puissantes du monde de l’époque.

A cette occasion, la duchesse Marie reçut une bague ornée d’un diamant, la première bague de fiançailles ornée d’un diamant de l’histoire… Cela étant, l’on ignore comment l’archiduc entra en possession du joyau et l’on ne peut que supputer qu’il en hérita.

Il s’en défit en 1936 au profit d’un banquier qui le conserva dans un coffre en France jusqu’après la Guerre. En juin 1961, il fut mis en vente à Londres réalisant le prix le plus important jamais enregistré pour un diamant au Royaume-Uni.

Il réapparut en novembre 1993, déjà chez Christie’s à Genève, où il s’échangea contre un peu moins de 6,5 millions de dollars. Depuis, il a été légèrement retaillé pour donner encore plus d’éclat. Dernier « détail », la pierre pèse un peu plus de 76 carats…

Osez la rencontre !