Jérôme Ferrari couronné par le prix Goncourt
Jérôme Ferrari obtient le prix Goncourt pour son roman « Le Sermon sur la chute de Rome ». La rwandaise Scholastique Mukasonga a été couronnée par le prix Renaudot pour "Notre-Dame du Nil".
Jérôme Ferrari a été couronné par le prestigieux prix Goncourt pour son roman « Le Sermon sur la chute de Rome » (Actes Sud), qui fait d’un bar corse l’épicentre d’une fable superbe sur les espérances déçues, les frustrations et l’inéluctable fugacité des mondes.
Le lauréat, en lice pour la plupart des prix littéraires cette année, a été choisi au deuxième tour.
Né en 1968 à Paris, Jérôme Ferrari est professeur de philosophie et conseiller pédagogique au Lycée français d'Abou Dhabi depuis la rentrée, après avoir enseigné au lycée international d'Alger puis au lycée Fesch d'Ajaccio.
Ce quadragénaire à la silhouette juvénile et au regard intense, qui refuse de se dire philosophe, a bâti en six romans une oeuvre d'une grande puissance poétique, où alternent la spiritualité, le cocasse et le drame.
Plus encore que dans ses précédents romans, "Dans le secret" (2007), "Balco Atlantico" (2008), "Un dieu un animal" (2009) ou encore "Où j'ai laissé mon âme" (2010), Prix roman France Télévisions, l'auteur envoûte par la beauté de son écriture, à la fois imprégnée du souffle des sermons antiques et terriblement moderne.
Le fameux sermon de saint Augustin a été prononcé en 410, dans la cathédrale disparue d'Hippone, devant des fidèles désemparés après le sac de Rome. Augustin les rassure : "Le monde est comme un homme: il naît, il grandit, il meurt". Ce seul passage et les têtes de chapitre du roman sont extraits du Sermon.
Le livre emporte le lecteur dans la montagne corse. Un vieil habitant, Marcel Antonetti, est rentré au village ruminer ses échecs. A la surprise générale, son petit-fils Matthieu renonce à de brillantes études de philo pour y devenir patron du bar du village, avec son ami d'enfance, Libero.
Leur ambition ? Transformer ce modeste troquet en "meilleur des mondes possibles". Les débuts sont prometteurs. Mais bientôt l'utopie vire au cauchemar. Les ex-apprentis philosophes sont frappés par la malédiction qui condamne les hommes à voir s'effondrer les mondes qu'ils édifient.
Scholastique Mukasonga prix Renaudot pour "Notre-Dame du Nil"
La rwandaise Scholastique Mukasonga, écrivaine rescapée du massacre des Tutsis, a été couronnée par le prix Renaudot pour "Notre-Dame du Nil" (Gallimard), a annoncé le jury. Mukasonga, qui ne figurait pas dans la sélection, a obtenu six voix au dixième tour de scrutin. Valessis Alexakis et Philippe Djian (qui n'était pas non plus dans la sélection) ont aussi obtenu des voix, selon le président du prix Renaudot, Georges-Olivier Chateaureynaud.
Scholastique Mukasonga livre un premier roman, où des jeunes filles à mains nues tentent d'échapper à l'Histoire terrible qui a décimé sa propre famille. C'est le quatrième auteur africain a être couronné par le prix Renaudot ces dernières années.
Elle a reçu pour cet ouvrage le Prix Ahmadou Kourouma du nom du grand romancier ivorien qui récompense un ouvrage, essai ou fiction, consacré à l'Afrique noire.
Le prix Renaudot de l'essai a été attribué à Franck Maubert pour "Le dernier modèle" (Mille et une nuits).









