Duferco stocke 600 tonnes de poussières radioactives
Depuis septembre 2011, 600 tonnes de poussières faiblement radioactives attendent une solution chez Duferco La Louvière. Personne ne sait que faire.
L’incident date de septembre 2011. De la ferraille radioactive entrée accidentellement dans le processus de fabrication d’acier long à DufercoLa Louvière. En sont sorties d’importantes quantités de poussières contaminées au césium 137.
S’il est resté sans impact sur le plan sanitaire, nous avons appris que son héritage traîne encore dans un hangar du sidérurgiste wallon. Il y a là 600 tonnes de poussières faiblement radioactives dans des gros sacs et dans des fûts.
A ce stade, ni les riverains ni les travailleurs ne sont en danger. La situation est surveillée par les autorités. Mais ces déchets ne peuvent demeurer là éternellement. Première chose : les déplacer dans un lieu plus sûr. C’est pour bientôt. Seconde étape : trouver une solution de traitement. C’est là le hic : « Des pistes » existent, mais rien n’est décidé. « Si c’était facile, il y a longtemps que ce serait fait », dit un proche du dossier.
Un coût difficile à évaluer
Combien cela coûtera ? Ça dépend de la solution. Qui payera dans cette affaire où les responsabilités des différents organes de contrôle s’entrecroisent de manière parfois nébuleuse ? C’est en principe Duferco. Mais l’entreprise pourrait se dire victime de la contamination. Et, arguant qu’elle trouve son origine dans une « source orpheline », refiler la facture au Fonds d’insolvabilité des déchets radioactifs.
Les soucis économiques du sidérurgiste qui, avec son voisin NLMK, a annoncé le licenciement de 601 des 1.357 travailleurs de La Louvière menaceront-ils l’assainissement ? C’est la crainte de ceux qui suivent ce délicat dossier.
Vos réactions
Voir toutes les réactions La responsabilité paraît claire. Une usine sidérurgique dispose de portiques détecteurs qui doivent justement permettre d'éviter qu'une source orpheline perdue (cachée...) dans de la ferraille puisse entrer dans l'usine et risquer d'être fondue avec le reste (danger réel pour le client qui utilisera l'acier produit), contaminer les équipements etc. La non-détection d'une source paraît ici être une faute de l'exploitant (au premier chef) et de ses fournisseurs de ferraille. Les autorités de contrôle (et a fortiori le gouvernement) ne peuvent que constater le problème, proposer (imposer) des mesures de remédiation et présenter la facture au fautif (en espérant qu'il soit solvable). A méditer avant de flinguer encore une fois "le politique".
Et je suppose que c'est trop demander à nos politiciens de s'impliquer dans l'affaire et de forcer Duferco à faire le nécessaire avant qu'ils ne soient en soit-disant faillite et que ce soit de nouveau à la collectivité de prendre en charge les coûts (cf. Fleurus)...
Cela ne ressemble-t'il pas à " cacher un problème derrière un nuage de poussières" ? Il n'est pas bon ni pour la renommée du pays, ni pour son attractivité aux investissements de laisser pourrir des négociations et s'installer une situation plus grave encore pour les entreprises en difficulté.... L'accoutumance à "la bonne gestion" syndicale sans doute!
Nous avons un chimiste compétent à la tête du pays, à en croire son CV. La solution pourrait venir de la rue de la Loi?




La question, grave, que je me pose: comment du matériel RA est-il arrivé là par erreur. Cela montre et démontre que la sécurité nucléaire laisse à désirer. Autre point, puisque c'est arrivé par erreur, les ouvriers qui ont traité ce matériel étaient inconscient du danger. Des cancers peuvent se développer après plusieurs années. Que fait la ministre de la santé?