Menaces sur la Cité de l’Enfance à Marcinelle

Didier Albin
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Le couple Lierneux-Garny dépose trois recours contre des projets de construction non loin du site alors que le processus de classement a été entamé.

  • En 1938, l’architecte conçoit la Cité de l’Enfance dans un cadre verdoyant d’une douzaine d’hectares. L’ensemble est à l’abandon depuis plusieurs années. Une procédure de classement a été lancée pour le préserver. © TTLAGENCY.
    En 1938, l’architecte conçoit la Cité de l’Enfance dans un cadre verdoyant d’une douzaine d’hectares. L’ensemble est à l’abandon depuis plusieurs années. Une procédure de classement a été lancée pour le préserver. © TTLAGENCY.

Après avoir porté en 2010 la demande de classement de la Cité de l’Enfance (à l’appui d’une pétition de 1.700 signatures), André et Béatrice Lierneux-Garny remontent au créneau pour mettre le site de Marcel Leborgne à l’abri de ce qu’ils considèrent comme « une atteinte à son intégrité architecturale et à l’esprit de sa conception : une cité-jardin unique en Belgique. » En 1938, l’architecte la conçoit en effet dans un cadre verdoyant d’une douzaine d’hectares, où il imagine de petites unités de vie d’une capacité de 18 à 20 lits. Si l’ensemble est relativement bien préservé, des projets d’urbanisme font peser des menaces sur son intégrité.

Avec quelques riverains, le couple Lierneux-Garny vient d’introduire trois recours qui visent les permis récemment accordés par le fonctionnaire délégué de l’Urbanisme à Charleroi, Raphaël Stokis, dans le périmètre concerné par le projet de classement.

Empêcher le chantier

Le premier de ces permis l’a été au mois de mai : quelques jours avant la confirmation de l’ouverture d’une procédure de classement mais aussi, selon les requérants, quelques semaines après l’annonce de cette intention par le ministre wallon du Patrimoine Carlo Di Antonio (CDH), le fonctionnaire délégué a autorisé l’extension de la maison de repos la Tramontane. Raphaël Stokis s’est expliqué sur sa décision. « La construction de cette annexe a été conditionnée au respect de consignes : le nouveau bâtiment est déconnecté de l’ancien, son architecture est différente. » Pour lui, une procédure de classement ne doit pas aboutir à mettre un quartier sous cocon mais à l’aider à continuer à évoluer.

Alors qu’une double action a été introduite devant le Conseil d’État pour suspendre et annuler le permis, l’affaire sera aussi plaidée en référé à Charleroi. Comme l’explique leur avocat Me Vincent Letellier, « il s’agit de s’opposer à l’ouverture du chantier. Les plaidoiries ont été fixées à la date du 18 janvier. »

Quant au second permis délivré en juillet, il concerne la construction d’un volumineux ensemble de logements avec garage sur une parcelle qui servait autrefois de plaine de jeux pour enfants.

« À propos de cet autre projet, d’autres recours suivront le mois prochain, annoncent les Lierneux qui dénoncent « la passivité d’un collège communal peu scrupuleux de son patrimoine.