Cocoon veut changer son image de marque
Vingt-troisième du nom, Cocoon est un impressionnant mastodonte en terme d’organisation. Pas facile d’en changer l’image, même si celle-ci s’est quelque peu érodée au fil des ans.
La rentabilité de ce salon qui attire la grande foule au Heysel reste dans la « top-list » de Fisa. Depuis que cette société d’organisations d’événements, plus connue pour détenir dans son portefeuille un certain… Batibouw, l’a racheté à Artexis il y a trois ans, on planche sur un concept différent.
Responsable des salons déco chez Fisa, Harry Vanhoyweghen est conscient que Cocoon a besoin d’un nouveau souffle. et c’est pareil pour Philippe de Beer, le responsable du marketing et de la communication des trois salons réservés à l’aménagement intérieur.
Le mot d’ordre est de rendre le salon plus qualitatif, histoire de mieux mettre en valeur la décoration d’intérieur, un secteur où les Belges excellent. Il suffit de se rendre à l’étranger, que ce soit à Paris ou à Milan, deux places européennes où le design est adulé, pour s’en rendre compte. « Nous voulons que les exposants s’impliquent davantage dans la mise en scène de leurs produits sur les stands, avance ainsi Harry Vanhoyweghen qui connaît bien Cocoon puisqu’il fut lui-même exposant du temps où il tenait un magasin d’aménagement intérieur. La première inspiration à donner au public, elle doit venir d’eux. Certains le comprennent, d’autres ont plus de mal… »
Fisa tente dès lors d’aider les plus récalcitrants au changement. « Au mois de juin, nous avons tenu une réunion des exposants pour leur expliquer notre philosophie, poursuit notre interlocuteur. Le but n’est pas de devenir un salon qui serait un musée ou une galerie, comme Intérieur à Courtrai par exemple, car nous devons avant tout rester un salon commercial destiné au grand public et qui propose des produits pour tous les budgets. Mais nous visons davantage de professionnalisme de la part de nos clients. »
Avec le temps, la demande du visiteur a changé. Lors de son lancement il y a près d’un quart de siècle, Cocoon était un endroit où il faisait bon flâner, de préférence en charmante compagnie. Cette tendance est restée pendant des années mais elle a désormais changé. « Le visiteur ne vient plus uniquement pour se balader, exprime à ce sujet Philippe de Beer. Aujourd’hui, il veut être informé et conseillé. Il veut apprendre et recherche une expérience. »
C’est pourquoi Cocoon insistera cette année sur l’apport d’informations. Intitulé « Inspiration and Advice », le Palais 6 sera le lieu idéal pour en récolter. Il accueillera entre autres le groupement réuni sous la bannière « Brussels Exclusive Labels » qui regroupe les marques haut de gamme, dans la décoration mais aussi dans d’autres domaines tels que la gastronomie. « Changer Cocoon ne se fait pas en un an car c’est un gigantesque paquebot, insiste Philippe de Beer. Juste pour vous donner une idée, le budget médias s’élève à 1,6 million d’euros ! Cette année, nous allons mieux redéfinir les zones au sein des palais. Les exposants seront mieux regroupés et le salon sera plus lisible. »
Si le palais réservé aux techniques liées à la maison (adoucisseurs d’eau, chaudières…) sera toujours là – et l’on peut franchement se demander ce qu’il vient faire dans un salon comme Cocoon… –, Harry Vanhoyweghen tentera de le rendre plus « agréable » pour l’œil. « Nous installerons ces exposants dans des stands que nous aurons nous-mêmes conçus, dit-il. Mais comme il y a un supplément à payer, les discussions sont parfois longues. Nous devons rester avant tout un salon commercial. Aujourd’hui, il nous arrive de refuser des exposants car nous avons compris qu’on ne peut avoir à la fois la quantité et la qualité. »
Plutôt que d’organiser Cocoon sur six palais, pourquoi, dès lors, ne pas en réduire la surface d’exposition à la moitié et concentrer davantage d’efforts sur la qualité des marques et produits ? On pourrait aussi, pourquoi pas ?, imaginer Cocoon devenir un événement destiné à la fois aux professionnels (BtoB) et aux particuliers (BtoC). Voire encore un salon uniquement réservé aux professionnels mais avec un accès limité (le temps d’un week-end par exemple) aux particuliers…
Autant de solutions qui sont aujourd’hui sur la table.







