« Pour que revive la mandoline... »

Frederic Delepierre
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  • Abel Debrue, un passionné montois de la mandoline, aimerait que l’instrument à cordes retrouve ses lettres de noblesse et intéresse à nouveau la jeunesse. © avpress.
    Abel Debrue, un passionné montois de la mandoline, aimerait que l’instrument à cordes retrouve ses lettres de noblesse et intéresse à nouveau la jeunesse. © avpress.

Question d’époque ! A l’heure actuelle, la mandoline est surtout considérée comme un ustensile de cuisine. Que ce soit à Top Chef ou à Masterchef, on l’utilise à tour de bras pour couper les légumes en tranches. A une époque, pourtant pas si lointaine, qui disait « mandoline », disait musique, romantisme et tutti quanti. Une époque révolue, diront certains. Mais pas pour tout le monde. La mandoline a toujours ses adeptes. Et parmi eux, le cercle Estudiantina, à Mons, qui fête son centenaire le 18 novembre. En avant la musique !

« A cette occasion, nous organisons un concert extraordinaire (1) du prestigieux orchestre à plectres “L’Estudiantina-Napolitaine” d’Anvers, relate le président Abel Debrue. De tels orchestres sont rares en Belgique : il en reste deux dans la région d’Anvers, et trois en Wallonie, dont le nôtre qui participe réellement au patrimoine culturel de la ville. »

Chez Abel Debrue, la mandoline est une passion. C’est donc avec délectation qu’il sort des étagères de son bureau de véritables objets de collection. Comme cette partition d’un morceau classique daté de 1905. Un document encore intact. « Dans mes étagères, j’ai plus de 1.000 partitions, s’amuse-t-il. Des classiques mais aussi des contemporaines. D’ailleurs, à l’heure actuelle, avec le cercle, nous jouons plus de moderne que de classique. C’est un peu plus facile pour nous… »

Souvenir de détention

Sur la table de la salle à manger, une photo en noir et blanc datée de 1930. « C’est l’époque glorieuse de la mandoline, à Mons, regrette un peu le président. Le cercle comptait à l’époque une quarantaine de membres. Nous sommes actuellement douze. Certains ont comme moi 65 ans, mais nous avons des membres plus jeunes de 40 ans. Et même une jeune de 25 ans. »

A l’occasion du centenaire, Abel voudrait donner un coup de projecteur sur son instrument fétiche. Lui rendre ses lettres et de noblesse. Et pourquoi pas redonner un peu de lustre à son cercle.

« La mandoline a toujours été un instrument symbolique à Mons. Et cela bien avant l’arrivée des mineurs italiens auxquels on la rattache trop souvent. Pourquoi ? Je ne le sais pas. Il y a des régions comme Nassogne ou Malmedy où c’est aussi le cas. J’aimerais la faire redécouvrir aux jeunes. C’est un instrument assez facile à jouer, dont les cordes sont doublées pour lui donner plus de puissance. »

Et que l’on ne s’y trompe pas : la mandoline est multiple. Elle peut être napolitaine ou irlandaise voire mandole ou mandoloncelle. Bref, il y en a pour tous les goûts. D’ailleurs, comment Abel est-il tombé dedans ? « Quand j’étais petit, mon père m’a offert la sienne, un piccolo avec lequel il jouait lorsqu’il était en détention en Allemagne pendant la guerre… »

(1) Chapelle de la Maison de la Mémoire, rue du Grand Trou Oudart, à 16 h 30.