Des fresques pour les vitrines vides
Les cellules commerciales vides causent des sentiments de malpropreté et d'insécurité. La Gestion de centre-ville de Liège s'attaque à la problématique rue Haute-Sauvenière, en décorant les vitrines.
Nul besoin de passer régulièrement dans la rue Haute-Sauvenière, à Liège, pour savoir que le commerce y est au point mort. Malgré les 30.000 piétons qui y circulent chaque semaine et les 2.500 véhicules qui l’empruntent chaque jour. « C’est une entrée du centre-ville, mais les cellules commerciales sont petites, adaptées à un commerce de proximité, indique Pierre Grandjean, gestionnaire de centre-ville de Liège. Le problème, c’est que le quartier est moins habité qu’avant, surtout depuis qu’on a créé le Cadran. » La nouvelle passerelle qui le relie au quartier de Pierreuse et les projets immobiliers qui devraient y voir le jour pourraient bien inverser la tendance. Mais d’ici là, la Gestion de centre-ville de Liège est bien décidée à redorer son image. Une dizaine de vitrines vides seront décorées par des artistes liégeois, via la pose de découpes de vinyles autocollantes. Le thème : Panta Rei (« Tout coule », en grec). Les premières œuvres ont déjà été posées dans le bas de la rue.
Concrètement, l’idée permet de proposer une solution structurelle à la problématique des vitrines des cellules commerciales inoccupées, aux sentiments de malpropreté et d’insécurité.
Mais elle n’est pas neuve, puisque cette opération fait suite à Fiat Lux (« Que la lumière soit », en latin), lancée dans le cadre de Liège Métropole 2010 avec la participation d’un collectif d’artistes. Il s’agissait alors de décorer une trentaine de cellules vides du centre-ville, sélectionnées car elles connaissaient une déshérence commerciale de longue durée. Le procédé dans ce cas était différent, puisque les œuvres appliquées sur les vitrines étaient rétro éclairées de l’intérieur. Après deux ans, une dizaine est toujours en place, les autres ayant été décollées, les surfaces commerciales concernées reprenant de la vigueur.
Si la première opération s’étendait dans tout le centre-ville, le quartier Haute-Sauvenière/Saint-Hubert a cette fois été choisi car le nombre cellules commerciales inoccupées qu’il compte est nettement plus important que les commerces encore en activité, qui se calculent sur les doigts d’une main.



Ce ne sont pas quelques autocollants, fussent ils découpés par de géniaux artistes, qui rendront vie à cette rue ( et à bien d'autres) ni rentabilité aux propriétaires des bâtiments.