Mégalithes de Wéris très protégés

Nicolas Druez
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La commission des monuments demande d'étendre le périmètre de classement. La nouvelle zone s'étendrait sur plusieurs dizaines d'hectares. La commune s'inquiète des conséquences pour les habitants et l'activité d'une carrière.

  • <p>Un des dolmens de Wéris. © DR</p>

    Un des dolmens de Wéris. © DR

Wéris, Oppagne, Ozo, Heyd… Ces noms de villages sont connus bien au-delà des frontières de la commune de Durbuy. Ils doivent leur célébrité à la présence d’une série de mégalithes et dolmens. Ce champ long d’un peu plus de huit kilomètres est le plus remarquable de Belgique, selon les spécialistes. Aujourd’hui, sur demande de la Commission royale des monuments, sites et fouilles (CRMSF), l’administration du service du Patrimoine de la Région wallonne a entamé une procédure d’extension de classement. Elle a démarré à la mi-août. Son but : élargir le périmètre de protection initial. La nouvelle zone définie ne fait pas l’unanimité, à l’échelon local.

« Je ne suis pas opposé à ce qu’il y ait ce type de mesure autour de chaque site. Nous avons là un patrimoine exceptionnel », souligne le bourgmestre de Durbuy, Philippe Bontemps (CDH). Selon lui, un périmètre de protection ne devrait cependant pas excéder quelques dizaines de mètres, autour des mégalithes. « Ici, nous sommes sur une bande large de plusieurs centaines de mètres et longue de plusieurs kilomètres. » C’est trop, d’après lui. Il craint un frein au développement économique de l’endroit. « C’est un avis de plus à solliciter, celui de la CRMSF, dans le cadre d’une demande à l’urbanisme, qu’il s’agisse d’un particulier ou d’une activité pour une entreprise. Il y a un risque supplémentaire d’essuyer un refus dans une zone où, j’insiste, le périmètre dessiné me paraît trop important. »

Philippe Bontemps est ainsi inquiet pour la carrière de Prealle à Heyd, qui souhaite s’étendre. « Cette entreprise dessert toute la région et au-delà, et apporte de l’emploi. Son projet d’extension est situé en plein dans le périmètre », observe le bourgmestre.

Philippe Bontemps va solliciter un rendez-vous auprès du ministre Carlo Di Antonio (CDH), avant la clôture de l’instruction de ce dossier. « Nous irons, si possible, avec les représentants de la carrière pour essayer de dégager un compromis. Je ne tiens pas à ce que le projet soit entravé, d’autant que l’entreprise a mis les moyens pour l’étudier de manière très sérieuse. » L’enquête publique est, elle, terminée. Des réactions ont été enregistrées, de la part de riverains dont les habitations se retrouveraient dans le nouveau périmètre. A ce stade, la commune n’a pas l’intention de rendre un avis positif. Elle en a déjà informé les parties concernées.

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