«Un frigo pour réchauffer les cœurs»

Les jeunes élus de Wavre posent fièrement devant leur frigo solidaire. Leur idée a été partagée par les membres de l’ASBL Waver en Transition qui vont en assurer la gestion au quotidien. © J.-P. D.V.
Les jeunes élus de Wavre posent fièrement devant leur frigo solidaire. Leur idée a été partagée par les membres de l’ASBL Waver en Transition qui vont en assurer la gestion au quotidien. © J.-P. D.V. - J.-P. D.V.

C ’est moi qui ai eu l’idée ? Je ne m’en souviens plus, mais on était plusieurs du conseil communal des enfants à vouloir cette initiative pour aider les gens en difficulté. Certains ne sont plus là aujourd’hui, mais ils seront heureux de savoir qu’on a réussi ! »

Désigné comme l’auteur de l’initiative, Martin Fritsch, 11 ans, est un vrai gars bien puisqu’il partage son idée avec d’autres. Dont les membres de l’ASBL Wavre en Transition qui songeaient à pareille initiative et qui ont accepté de collaborer avec les jeunes élus. Le premier frigo solidaire de Wavre est installé à l’arrière du bâtiment du CPAS, parvis de l’Escaille, 20, rue de Bruxelles.

Comme l’a expliqué la présidente du CPAS, Nathalie Demortier (LB, MR), « il s’agit d’une belle collaboration puisque le frigo a été acheté par la Ville, que le mobilier a été fabriqué par un bénévole, Damien Destexhe, avec du bois offert par la société Domi. Nous offrons, nous, l’électricité pour faire tourner le frigo, tandis que les bénévoles de Wavre en Transition vont le gérer au quotidien. »

Le but de ce réfrigérateur est d’éviter le gaspillage de la nourriture. Tout le monde peut y déposer des denrées. Tout doit être étiqueté, avec le contenu et la préparation datée. Une indication du type de viande, de poisson ou de volaille sera un plus. Des bocaux seront même mis à disposition pour ceux qui veulent offrir du potage. Sont par contre exclus les aliments dont la date d’expiration est dépassée, la nourriture avariée, les bouteilles ouvertes et les boissons alcoolisées.

Pour Marie-Pierre Jadin, qui s’occupe de la donnerie de Wavre en Transition, « tout le monde qui en a besoin peut venir prendre quelque chose, à condition de ne pas être trop gourmand car il y aura d’autres personnes qui vont passer après… »

Favoriser les rencontres

Et Carine Decuypere, qui a eu l’idée de ce frigo chez Wavre en Transition, avec Nathalie Everard, d’ajouter : « Pour moi, ce lieu sera une réussite si on assiste à des rencontres et que l’on retrouve en quelque sorte une solidarité villageoise dans le centre-ville de Wavre. Je pourrais presque dire que le plus important avec ce frigo, c’est de réchauffer les cœurs ! »

Déjà des restaurants ont décidé d’offrir leurs invendus. Une boulangerie devrait suivre. Car la particularité du frigo de Wavre, ce sera de privilégier ce que Carine Decuypere appelle « des plats préparés avec attention et intention. Il n’est pas question d’interdire des dons de plats préparés, mais les bénévoles de notre ASBL vont davantage offrir des mets sans additifs cancérigènes. Je pense aux compotes et aux confitures qui ont déjà été proposées avec succès. »

130 personnes aidées tous les jours

Par Jean-Philippe De Vogelaere

L’ouverture d’un frigo solidaire à Wavre ne fait que réjouir Pierre et Véronique Chaudoir qui ont lancé la même initiative à Waterloo il y a près d’un an. Le couple avait été ému par les films « En Quête de sens » et « Demain », et a décidé de passer du « Pourquoi pas ? » au « Allons-y ! »

« L’ancien échevin Michel Bettendorf nous avait aidés pour ouvrir le frigo devant le Waterloo Tennis, mais on a vite constaté que certains se servaient plus que de raison, nous explique Pierre Chaudoir. Au point que nous avons dû déménager le frigo dans notre garage de l’avenue du Clairpré. Et récemment, nous avons même dû fermer le week-end car certains ne respectaient pas la tranquillité du quartier. »

Les bénéficiaires sont en général les bénévoles qui assurent l’accueil. On demande un prénom et le nombre de membres de la famille à aider. Quelque 130 personnes (dont 70 % ne sont pas de Waterloo) sont ainsi aidées par jour avec des invendus de divers magasins : « Avec une demande qui se fait toujours plus pressante vers le 20 du mois. On garde ainsi les aliments surgelés pour cette période, ainsi que pour les week-ends. »

La pauvreté touche aujourd’hui aussi bien des personnes âgées que des jeunes, des familles monoparentales ou des indépendants.