Barbecue et musique manouche dans le quartier d’accueil

Manuel Charpentier tient à le rappeler
: «
Nous ne sommes pas des étrangers de passage en Belgique. Même si nous n’avons pas de domicile fixe, nous sommes et nous nous sentons belges. Nous sommes ici chez nous.
». D.R.
Manuel Charpentier tient à le rappeler : « Nous ne sommes pas des étrangers de passage en Belgique. Même si nous n’avons pas de domicile fixe, nous sommes et nous nous sentons belges. Nous sommes ici chez nous. ». D.R.

C’est une première en région de Charleroi : la Ville a organisé l’accueil d’une communauté nomade de 150 personnes sur un de ses terrains dans la section de Couillet (Le Soir de ce lundi 9/10).

Représentant des familles, Manuel Charpentier se félicite de ce projet pilote qui a donné lieu à une rencontre avec les riverains (lire ci-contre). « Il apaise en effet les discriminations dont nous sommes victimes chaque jour, nous, les gens du voyage. On nous juge, on nous condamne et on nous rejette sans même nous connaître. C’est ce dont nous souffrons le plus : le mépris et le regard des autres. Je parle de ceux qui nous assimilent à des voleurs de poules ou d’enfants, qui pensent que nous vivons encore comme au temps des roulottes de nos arrière-grands-parents. »

Quand Manuel Charpentier a annoncé la venue de son groupe comptant une quarantaine de caravanes, la Ville de Charleroi a spontanément noué le contact, via le centre wallon de médiation pour les gens du voyage. « Le site que nous occupons nous a été proposé par la commune. Dès que nous avons marqué notre accord, les mesures ont été prises pour assurer l’approvisionnement en eau et le raccordement électrique, avec un espace pour la collecte des déchets. L’accueil se fait dans des conditions de vie décentes comme c’est toujours le cas quand une convention est signée. Nous payons les charges pour le service, et je mettrai un point d’honneur à ce que tous nos engagements soient tenus. Notamment la durée du séjour jusqu’à la fin du mois même si, à l’heure où je vous parle, nous ne savons toujours pas où nous passerons l’hiver… »

Très peu de structures équipées en Wallonie

Le représentant des familles le déplore : « S’il existe 32 structures équipées en Flandre, la Wallonie n’en dispose pas, ou alors de manière confidentielle. Les communes n’ont aucune obligation d’accueil, c’est laissé à la libre appréciation des bourgmestres. Et nous sommes très rarement les bienvenus quelque part. Je remercie Paul Magnette et son équipe de nous avoir tendu la main. L’expérience est enrichissante, elle va dans le sens de l’ouverture. Je tiens à rappeler que nous ne sommes pas des étrangers de passage en Belgique. Même si nous n’avons pas de domicile fixe, nous sommes et nous nous sentons belges. Nous sommes ici chez nous. »

Manuel Charpentier se porte garant pour les membres de son groupe : « Si l’un venait à commettre une infraction ou un délit, il serait prié de partir sur-le-champ. Je ne nie pas qu’il existe des gens déviants au sein de notre communauté, mais ni plus ni moins que chez les sédentaires. Nous travaillons dans le commerce ambulant, l’artisanat, la construction. Notre mode de vie, c’est de nous déplacer. Nous demandons que ce choix soit respecté comme nous respectons celui des autres. » Manuel a l’espoir que le projet de Charleroi facilite le dialogue avec d’autres bourgmestres de l’arrondissement. « Des terrains, il y en a pour nous recevoir. Mais c’est la volonté politique qui manque. »