« Rire sur la ville » fait déjà peur

Didier Albin
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Si les deux soirées de gala de novembre ne sont pas concluantes, le festival n'aura pas lieu en juin prochain. la Ville de Charleroi a repris en partie les rênes.

  • Le festival « Rire sur la Ville » organisé par la Ville de Charleroi et la société de production de François Pirette va-t-il enfin connaître le succès escompté ? Les soirées de gala seront un bon test. © RTL-TVI
    Le festival « Rire sur la Ville » organisé par la Ville de Charleroi et la société de production de François Pirette va-t-il enfin connaître le succès escompté ? Les soirées de gala seront un bon test. © RTL-TVI

Le meilleur remède à la sinistrose, c’est l’humour. Les Carolos le savent, ils sont les premiers à rire des malheurs qui leur tombent dessus. Mais il y a des limites. Par exemple, il est à parier que ces bons vivants trouveraient saumâtre que le projet de festival urbain « Rire sur la ville » porté par Thierry Van Cauberg (alias François Pirette) avec sa société de production Filgoud tombe de nouveau à l’eau au mois de juin prochain.

Dans une convention négociée avec les autorités communales, l’hypothèse est clairement évoquée : si les soirées de gala qui ouvrent l’événement ce mardi et ce mercredi se soldent par un échec, on arrêtera les frais. L’histoire repasserait ainsi les plats du coup manqué de l’an passé où deux soirées avaient déjà fait vibrer le Spiroudôme en novembre sans lendemain. Afin de s’en prémunir, la société Filgoud a mis les petits plats dans les grands sur le plan artistique. Recette : des talents confirmés ou émergents du rire, un soupçon de surprise et au milieu de tout ça, un show de François Pirette qui collectionne les résultats d’audience sur RTL-TVI, le partenaire média. De même, une puissante promotion a été organisée. Affiches et spots télé, campagne sur internet relayée à la fois par l’intercommunale Igretec auprès des entreprises (avec offre de packages), et par la Ville auprès de ses agents.

270.000 euros la soirée de gala

C’est au niveau financier que les choses risquent de se passer moins bien : au-delà de la mise à disposition de plusieurs lieux de spectacle et de la mobilisation de moyens logistiques, la Ville a promis d’octroyer une subvention de 30.000 euros à la mesure de celle de la Communauté française, mais aussi et surtout de couvrir une garantie plafonnée à 100.000 euros, à travers sa régie communale autonome (RCA). Or, il apparaît déjà que le plan financier ne sera pas respecté : si le coût des deux soirées de gala s’élève à plus de 270.000 euros (cachets des artistes, décors, musiciens, son et lumière, etc.) dont 83.000 pour la production, les recettes incluent la vente à plein tarif de deux fois 1800 places, soit la totalité de la capacité de la salle du PBA. Selon nos informations, on sera loin du compte. « Une évaluation est prévue d’ici une semaine », indique l’administrateur-délégué de la RCA Cyprien Devilers (MR). Quelle sera la facture et jusqu’où Charleroi ira-t-elle pour son festival du rire ? Verdict imminent.