Christie’s célèbre quarante ans de présence à Amsterdam

Jean Vouet
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  • Un ensemble de quatre panneaux de David Teniers le Jeune. L’estimation de 120.000 à 160.000 euros sera certainement dépassée. © D.R.
    Un ensemble de quatre panneaux de David Teniers le Jeune. L’estimation de 120.000 à 160.000 euros sera certainement dépassée. © D.R.

Christie’s a ouvert son antenne dans la ville hollandaise en 1973. A l’époque, les deux grandes maisons de ventes anglaises avaient engagé une stratégie d’expansion pour devenir vraiment internationales. Alors que Sotheby’s avait déjà pensé à s’installer à New York (en rachetant la maison de ventes Parke-Bernet), Christie’s ne le fera que cinq ans après son installation à Amsterdam… Nous sommes à cette époque à des années lumières du marché de l’art actuel !

Le rôle dévolu à la succursale amstellodamoise était de se positionner comme acteur de référence pour le « middle market », soit des œuvres n’ayant pas une valeur très importante, mais dépassant les marchés régionaux. Amsterdam avait pour elle sa localisation, non loin de la Belgique, de l’Allemagne et au cœur des Pays-Bas. A Bruxelles et à Cologne, les bureaux de représentation y envoyaient donc tout ce qui n’était pas pour Londres ou New York et qui avait suffisamment de valeur pour être rentable. Amsterdam n’était pas non plus si éloignée de la France, qui réservait le privilège de la vente publique à ses commissaires-priseurs. Impossible dès lors d’y ouvrir une salle de ventes. Cela étant, Amsterdam a beaucoup souffert des remous du marché de l’art et la crise de 2008 a été fatale au siège de Sotheby’s qui n’y vend plus que très épisodiquement. Chez Christie’s, les départements les moins importants ont été fermés et la porcelaine ou l’argenterie ne se retrouvent plus que dans des ventes d’art décoratif généralistes. Christie’s s’est donc recentrée sur ce qui rapporte le plus : l’art du XXe siècle et l’art contemporain, les maîtres anciens et ceux du XIXe siècle, les bijoux et les arts décoratifs.

De nombreux lots intéressent f les amateurs néerlandais : mobilier haute époque, tableaux romantiques du XIXe siècle et du XXe siècle. De nos contrées, l’on signalera une huile sur panneau donnée au Maître du Feuillage Brodé, actif à Bruxelles entre 1480 et 1510. Elle représente dans un style encore très gothique Adam et Eve au Jardin d’Eden. Christie’s en espère entre 100.000 et 150.000 euros. Un ensemble de quatre panneaux de petites dimensions (15,5 par 13,5 centimètres) constitue une allégorie des quatre saisons. Ils sont dus aux pinceaux de David Teniers le Jeune (1610-1690). Le printemps est figuré par un jardinier portant un oranger en pot, l’été par un paysan nouant une gerbe de blé, l’automne par un aubergiste aviné et l’hiver par un vieil homme marchand dans un paysage glacé avec un brasier portatif. Sa bourse presque plate fait allusion aux rigueurs économiques de la dernière saison de l’année. L’estimation de 120.000 à 160.000 euros sera certainement dépassée.

Quelques très belles pièces d’argenterie sont également proposées, tout comme des bijoux bien que, dans ce domaine, l’offre n’est pas spectaculaire. Pour l’art contemporain, la pièce maîtresse est une œuvre exécutée en 1970 par Jan Schoonhoven. Il s’agit bien entendu d’un de ses caractéristiques papier mâché en relief peint en blanc. Il devrait s’échanger, selon les prévisions de Christie’s, entre 200.000 et 300.000 euros. Il s’agit de la plus haute estimation de la vente.

Osez la rencontre !