De la fantaisie à tous les (ét)âges !
Turbulences à Namur, Météores à Bruxelles : le jeune public va être drôlement remué ! Les adultes y trouveront leur compte aussi.
L’automne sera agité avec Turbulences et Météores, deux festivals internationaux de théâtre jeune public pour une pluie de spectacles venus de Belgique, de France, d’Allemagne, du Québec ou encore de Biélorussie. Il peut venter, neiger, geler : nos enfants vont se réchauffer les pattes au contact de brasiers artistiques surprenants. Théâtre, cirque, marionnettes, danse, expos, rencontres : de quoi se faire une orgie de fantaisie, et s’ouvrir l’appétit avant Noël au Théâtre.
S’ils célèbrent le jeune public, ces deux festivals ne se cantonnent à aucune tranche d’âge. Mieux encore, ils ratissent bien au-delà du théâtre pour enfants, en faisant appel à des artistes de tous univers, pour casser les frontières et mieux ouvrir l’esprit des petits et des grands. Des bébés aux adultes, tous les publics trouveront leur bonheur dans une programmation pléthorique, tandis que certains spectacles réuniront plusieurs générations sur leurs bancs. C’est le cas notamment de Michel Dupont. Réinventer le contraire du monde d’Anne-Cécile Vandalem au festival Turbulences ou de Hors-la-loi de Régis Duqué au festival Météores, deux spectacles conçus au départ pour un public d’adulte. Le cas encore de Danse étoffée sur musique déguisée de Thomas Hauert. Pour Turbulences, le chorégraphe – à qui l’on doit notamment Accords – reprend une pièce créée la saison dernière à la Raffinerie pour l’adapter à un public d’enfants, dès 5 ans. L’adapter, mais pas le simplifier. Seules modifications : une version raccourcie d’une heure à 45 minutes, et l’ajout d’un prologue pour éclairer les enfants sur la démarche de la pièce. Duo pour un danseur et un pianiste, le spectacle s’inspire des Sonates et Interludes pour piano préparé de John Cage. A coups de vis ou
de bouts de bois coincés dans les cordes du piano, celui-ci devient soudain un instrument de percussion. A partir de cette idée d’obstacles transformant le son du piano, le chorégraphe poursuit en transformant également le mouvement du danseur avec toutes sortes d’objets. Ballons gonflables, tuyaux d’arrosage et autres manches à balai métamorphosent le danseur dans un royaume de notes et d’images espiègles. Pour le chorégraphe, qui s’est lui-même pris de passion pour la danse dès l’âge de cinq ans, la danse parle aussi bien, même si différemment, aux adultes et aux enfants.
Au festival Météores non plus, on ne sous-estime pas les enfants, mettant à l’honneur les écritures contemporaines, sans oublier de gâter aussi les parents : l’écrivaine américaine Nancy Huston viendra notamment initier des débats autour des questions de l’identité, et du rôle vital de l’art dans la fiction de nos vies. Attention, tout ceci reste avant tout ludique avec des tonnes de propositions désopilantes, pour petits et grands. On vous conseille entre autres le baroque et burlesque Conversations avec un jeune homme d’Agnès Limbos et son théâtre d’objets improbables. Déjanté, complètement barré même.







