Rushdie à Bozar : l’humour en plus
Littérature L’écrivain était mardi soir à Bozar pour une passionnante interview en public. L’occasion rêvée pour mounir fatmi de le rencontrer.
La foule des grands jours… avec une solide présence policière en plus. Mardi soir, la salle Henri Leboeuf du Palais des Beaux-Arts accueillait l’écrivain Salman Rushdie pour une interview publique.
Dans la foulée de son dernier ouvrage où il raconte les années où il vécut caché, sous le pseudonyme de Joseph Anton et sous protection policière, il déboule sur la grande scène des Beaux-Arts salué par un tonnerre d’applaudissements. « Je suis toujours surpris par un accueil chaleureux », s’amuse-t-il d’emblée.
Le ton est donné. Cet homme vit depuis près de 25 ans sous la menace d’une fatwa de l’Ayatollah Khomeini appelant à l’exécuter. Une menace qui va bouleverser sa vie mais qu’il traite aujourd’hui par l’humour affirmant notamment que le déploiement policier à l’entrée des Beaux-Arts n’est nullement lié à sa présence mais à celle du président polonais dans une salle voisine.
À de très nombreuses reprises, Salman Rushdie suscite ainsi l’hilarité de la salle avec des anecdotes savoureuses. « Cette époque de ma vie était à la fois dramatique et drôle, explique-t-il. C’était une comédie mais une comédie très noire. »
Un acte collectif
À la question de savoir comment il vit aujourd’hui, il répond une fois encore avec le sourire : « La vie de la plupart des écrivains est assez terne et je suis heureux de pouvoir dire que la mienne est à nouveau plutôt ennuyeuse. Il y a eu une période où elle était malheureusement devenue intéressante. »
Mais ce dont il parle le plus, c’est finalement la littérature. La sienne et celle des autres. Son importance, sa force, ses contraintes. Ainsi, à propos du fait qu’il ait fini par se livrer à l’exercice autobiographique en racontant dans Joseph Anton la période la plus dramatique de sa vie : « Une part de moi voulait oublier cette période. Une autre savait que je devais écrire ce livre. Même dans les pires moments, une petite voix me chuchotait à l’oreille : « Super histoire ! » C’est la malédiction des écrivains. »
Il remet les choses au point sur la longue période où il vécut caché, devant trouver lui-même et à ses frais, les lieux où il pourrait séjourner. « J’ai essentiellement vécu chez des amis. Certains ont quitté leur maison pour moi. Et pendant vingt ans, personne n’a jamais parlé. C’était un acte collectif incroyable. »
Il évoque aussi la solitude, les déceptions, l’incompréhension de ceux, « de plus en plus nombreux au fil du temps » qui estiment que « puisque je n’avais pas été tué, c’est qu’il n’y avait personne qui cherchait à me tuer », le risque d’auto-censure et la nécessité de continuer à écrire ce que l’on a à écrire pour ne pas laisser gagner l’ignorance et l’intolérance. « Si vous n’aimez pas un livre, lisez en un autre, lance-t-il. C’est la raison pour laquelle il y en a autant dans les librairies. »
Et de terminer en rappelant : « La force que les tyrans craignent le plus, c’est la liberté. Et la littérature est la voix de la liberté »



Tout à fait d'accord avec Salman Rushdie dont je lis actuellement l'autobiographie. Quand l'humanité va-t-elle se débarasser de la compréhension littérale des textes dits"sacrés" ? Celà dit, ne pourrait-on pas éviter d'utiliser cette appelleation horriblement inesthétique de BOZAR et de la remplacer par Beaux-Arts comme dans le corps de l'article ?