Tram : l’ULg se plaint de n’être associée

Philippe Bodeux
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Le développement du projet du Tram à Liège ne fait-il sans concertation avec l’Université qui est pourtant un pôle essentiel en matière d’emplois ?

C’est la thèse soutenue par le professeur Jacques Teller. « L’Université de Liège soutient bien évidemment le projet mais il apparaît que l’ULg et ses implantations (20.000 usagers quotidiens) sont peu prises en considération dans le projet actuel alors que la desserte prioritaire des campus (UCL et ULB) par de nouveaux modes de transport structurants est une constante dans la plupart des villes. Le projet de tram n’améliorera que peu l’accessibilité du Sart Tilman, laquelle n’est déjà pas optimale dans les conditions actuelles ».

Il est vrai que le tram ne passe pas par le campus et que la seule ligne rapide actuelle (le 58) se fera désormais au départ de Sclessin en correspondance avec le tram. Par contre, le ministre Henry a proposé la création d’une ligne rapide BHNS entre le centre-ville et le Sart Tilman en passant par la rive droite. « Nous avons beaucoup de crainte d’engorgement pour cette future ligne qui devrait passer par le bouchon de la Médiacité. En outre, nous devons garder une ligne directe au départ de la gare au risque de devenir une Université sous-provinciale. Le CA de l’ULg a écrit en ce sens à la SRWT pour demander d’être associé au projet mais sans réponse », explique Jacques Teller.

La SRWT ignore-t-elle l’Alma Mater liégeoise ? « Faux, répond Stéphane Thiery, porte-parole du maître d’ouvrage du tram. C’est un pôle et un acteur important en matière de mobilité. L’Université a eu l’occasion de s’exprimer une première fois dans le cadre de l’enquête publique préalable à l’étude d’incidences. Et elle aura son mot à dire dans la restructuration du réseau début 2013 ». Le hic, c’est que l’ULg n’a formulé aucune remarque écrite ou orale dans le cadre de l’enquête publique. « Cela ne nous empêche pas de réclamer d’être associé de près au projet, répond Jacques Teller. Nous craignons que les contraintes additionnelles imposées par le nouveau système de transport n’entraînent paradoxalement un report modal vers la voiture privée… »

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2. E.Darville dit le 07/12/2012, 00:51

L'université a raison de se plaindre mais elle pouvait d'elle-même suggérer des hypothèses de déssertes sans se réfugier dans des sytèmes automatiques et autres tunnels routiers proposés encore récemment par des sommités. On peut comme Lotus regretter le rejet de l'univ hors de la ville, d'autant qu'il existe de nombreuses friches qui auraient pu être récupérées dans le centre de Liège (Bavière, Citadelle, Guillemins, Droixhe, Belle Ïle, etc) et être utilisées pour l'accroissement des étudiants. Reste que la première ligne non seulement ignore l'Univ mais aussi les 3 grands hopitaux, les zonings d'entreprises, les grandes implantations commerciales, l'aérodrome et sa zone industrielle, la commune la plus dense de l'agglomération, St nicolas et ses plus de 3500 habitants au km2; ce projet heureus en soi devra ébsolument être complété notamment par la désserte du Sart Tilman et de son complexe universitaire, hopital compris.

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1. Lotus dit le 20/11/2012, 08:47

"Report modal vers la voiture privée". c'est inévitable. Le Sart Tilman, c'est joli, mais c'est de l'anti-ville. Mais effectivement, l'absence de mode de transport réellement novateur et structurant ne fera qu'amplifier ce phénomène du tout à la bagnole, mais ça, on le savait en extirpant l'unif de la ville il y a des décennies.

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