Un plan anti-inondations à Ottignies
La Ville veut diminuer inondations et coulées de boues. Une série d’actions à mettre en oeuvre ont été relevées par deux bureaux d’études. Objectif : lutter contre l’érosion des sols agricoles. Vingt-et-un fermiers sont concernés.
Cinq barrages filtrants en bois, des bandes enherbées installées au milieu des champs et des zones d’immersion temporaires : le baron Alain Gericke d’Herwynen, propriétaire et exploitant du château-ferme de Moriensart, est le premier agriculteur d’Ottignies-Louvain-la-Neuve à permettre la mise en œuvre des mesures anti-inondations proposées par la Ville. Elles sont en cours d’installation sur son domaine de 200 hectares, situé à Céroux-Mousty. D’ici quelques semaines, une cinquantaine d’habitations situées sur le versant ouest de la vallée de la Dyle, à Pinchart, ne devront plus brûler un cierge à chaque orage important. « Ces trois mesures permettront de réduire considérablement les coulées de boue, explique Arnaud Dewez, conseiller auprès de la cellule Gestion intégrée sol érosion ruissellement (GISER) du Service public de Wallonie. Elles ont pour objectif de filtrer l’eau – et non de la retenir – et d’également permettre une meilleure infiltration dans le sol. Les habitants seront tranquilles pour vingt ans ! »
Cette vallée a été sujette aux inondations et aux coulées de boue ces dernières années. « Une situation préoccupante et insécurisante pour les habitants à laquelle nous avons le devoir de remédier », fait remarquer le bourgmestre Jean-Luc Roland (Ecolo). D’où la mise en place de mesures plus importantes qu’un simple nettoyage des avaloirs ou qu’une réfection de trottoirs. À savoir s’attaquer à l’érosion des sols agricoles.
Il s’agit de mettre en œuvre un vaste plan anti-inondations. Il prend racine dans les exploitations agricoles de l’entité et concerne sept bassins disséminés sur tout le territoire. L’objectif est de les équiper de barrages filtrants, de bandes enherbées et de zones d’immersion. Vingt-et-un agriculteurs sont concernés. La Ville attend leur feu vert. « Il est évident que les agriculteurs sont quelque peu prudents puisqu’ils doivent céder une partie de leur terre, explique Arnaud Dewez, qui, avec le bureau d’études CSD, a déjà relevé près de 80 actions à effectuer. Nos conseils leur permettent de réaliser des aménagements qui sont conciliables avec le travail de l’agriculteur. Sinon, cela n’a aucun sens. »
Pour l’heure, le domaine de Moriensart fait office de très bon élève en la matière. Des haies et cinq bassins d’orage avaient déjà été aménagés. « Il s’agit d’une question de civisme », pointe Alain Gericke d’Herwynen.







