Panne d’investissements industriels à Charleroi
La crise n’est pas sans effet sur les activités du groupe carolo Sambrinvest. Plus que leur volume qui est demeuré stable par rapport à celui de l’exercice précédent (23 millions d’euros d’interventions pour 22 millions en 2010-2011), c’est la nature des interventions qui a été touchée : « Nos décisions n’ont soutenu des investissements qu’à concurrence de 9 millions contre 14,5 antérieurement », note la directrice générale Anne Prignon. Qui ajoute que le taux de financement des investissements est descendu à 25 % dans l’industrie.
Par contre, les interventions portant sur le renforcement de la trésorerie et du fonds de roulement des entreprises ont quasiment doublé : elles sont passées de 5,8 à 11,3 millions. Autre signe des tensions financières des PME : l’augmentation du nombre d’interventions à court terme. « On en a enregistré 17 », dit-elle. Ce n’est pas une surprise : le secteur industriel vit des heures difficiles. L’annonce de pertes d’emplois et même de fermetures de grands donneurs d’ordre affecte les résultats de leurs sous-traitants locaux, le plus souvent des PME.
Une situation qui se dégrade, sous l’effet de la mauvaise perception du marché par les consommateurs. Si le fléchissement de la croissance épargne le secteur de l’aéronautique dont les cycles sont relativement longs, elle touche de plein fouet la construction métallique et l’industrie du verre. En région de Charleroi, plusieurs PME souffrent de baisses inquiétantes de cadence, notamment celles qui travaillent avec Caterpillar. Douze faillites et procédures de réorganisations judiciaires ont été sollicitées par les entreprises en portefeuille.
Dans son rapport d’activité, Sambrinvest pointe une recrudescence de projets de reprise ou de transmission d’entreprises, ainsi que de création de spin-off et de PME innovantes. Le développement durable n’a que peu inspiré les porteurs de projets, mais il figure parmi les domaines d’activité qui bénéficieront d’un soutien renforcé du groupe en 2013.
La crise semble en tout cas booster l’initiative : « Nous avons étudié plus de 70 projets au cours du dernier exercice, l’un des volumes les plus élevés des cinq dernières années », indique Anne Prignon.
Bémol : ces projets étaient moins aboutis, il a fallu les faire suivre auprès d’autres opérateurs comme le centre d’entreprise Héraclès afin de les finaliser, dans leur conception financière notamment. Cette tendance laisse penser que l’invest est désormais sollicité avant les banques privées, signe de la frilosité ambiante.


