Ils ont fait Le premier pas

Beatrice Delvaux
Mis en ligne

Éditorialiste en chef

On ne va pas bouder son plaisir. Il sera peut-être de courte durée, il est peut-être naïf mais nous ne pouvons être de mauvaise foi après tant de critiques sur la manière dont l’Europe a géré la crise. Le sommet qui s’est clôturé vendredi a engrangé des résultats positifs. Après des mois à ne parler que d’austérité, à réduire l’action à une limitation de la contagion, à concentrer le poids de l’effort et de la damnation sur la seule Grèce, on en est arrivé finalement à un plan d’attaque multi-angles. Il veille à apporter des réponses de fond, potentiellement durables, aux problèmes dantesques qui siphonnent l’Union européenne.

Une recapitalisation directe des banques par les fonds européens, le développement d’une institution européenne chargée de la surveillance bancaire, une intervention possible de ces fonds pour faire baisser les taux d’intérêt, un pacte de croissance : il y a là des choses susceptibles d’endiguer un calvaire de longue durée. Reste juste à libérer la BCE…

Attention cependant. Il y a « là de quoi » mais en germe seulement. En raison, primo, de la légèreté des moyens engagés (le pacte de croissance recycle des mesures déjà décidées et engage un montant total assez restreint) ; secundo, de la complexité des mécanismes gérant l’intervention de ces fonds sollicités ; tertio, de la lenteur de la mise en œuvre des solutions indispensables pour rendre le plan opérationnel.

Il reste aussi à faire ce qu’on a dit, à tout faire en tout cas pour que cela se réalise. Hier, les dirigeants européens ont, contrairement à ce qu’on pouvait craindre, transcendé leurs tabous pour aboutir à un paquet de mesures qui font sens, servant à la fois la solidarité, la relance et la rigueur. Il ne faudrait pas qu’on découvre dans quelques semaines qu’on est ici dans un habillage politique ou un leurre à destination des marchés. La transformation de l’Europe vers plus de fédéralisme et de mutualisation est potentiellement enclenchée mais elle demande pour être crédible, d’être le fruit d’une réelle conviction, d’un passage à l’acte et non d’un marché de dupes.

Comme le disait vendredi Guy Verhofstadt, également positif sur l’issue du sommet, les dirigeants ont fait un pas en avant, ils se sont acheté du temps, pas la paix. Il ne faudrait pas qu’ils gaspillent ce répit, comme tant de fois auparavant, en ne transformant pas l’essai marqué à Bruxelles. Ils doivent illico embrayer, bétonner, amplifier.

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10. Fafnir dit le 16/07/2013, 20:31

Il faudrait un (hyper)lien pour voir les données.

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9. Bigman29 dit le 16/07/2013, 16:30

@ BruxellesdanslaRue dit le 16/07/2013, 15:15, Une fois de plus, vous avez atteint avec brio le point Godwin !!

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8. BruxellesdanslaRue dit le 16/07/2013, 15:15

[SansIntérêt] Je suis parfaitement d'accord. Et vous voyez bien à quel point les intérêts d'une fraction marginale de la population sont parfaitement opposés aux intérêts de l'essentiel de la population. De manière générale, en politique, la fraction marginale des nantis (banquiers, financiers, héritiers etc.) est représentée par la droite qui lutte pour le maintien ou le renforcement de leurs privilèges pharaoniques. L'essentiel du peuple est représenté par la gauche qui lutte pour les intérêts de tous. L'une des victoire de la réaction - incarnée aujourd'hui par le néolibéralisme - est d'avoir réussi à faire croire que la gauche et la droite ont un poids comparable, et qu'une alternance est nécessaire quand la gauche est au pouvoir. [Greg] Merci pour cet encouragement. J'ai l'habitude, ici, de ferrailler avec des fascistes ou avec les propos vides de Mme Delvaux.

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7. SansInteret dit le 16/07/2013, 13:01

@Bruxellesdanslarue, Je pense que un des problèmes et que les citoyens Européen ne se rendent pas compte de l'effroyable tour de passe passe qui ce produit au sein de l'Europe. 1er) le vol effectif des avoirs des citoyens par les banques avec la complicité de le BCE et des dirigeants Européens dans le cas de prêt aux états. Ce sont les citoyens qui financent la BCE et ses fonds, dès lors interdire des prêts aux banques centrales des états pour qu'ils se financent auprès de banques privées à un taux d'interet élevé est une escroquerie, le citoyen paye 2 X le meme produit, il faut dès lors qu'un audit soit fait et ne payer que le même taux d'interet auquel les banques privées ont eu acces à la BCE. L'argent des citoyens Européens doit financer l'économie, la société et la santé tant des états que des citoyens Européens, pas des banksters et raiders américains ou de quelques autres continents que se soit.

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6. Gilles7651 dit le 16/07/2013, 12:43

Il y a longtemps que je poste plus, mais ce qu'écrit Bruxellesdanslarue est d'une clairvoyance et d'une très grande justesse et cela me fait réagir ! Hélas la plupart de nos semblables ne peuvent intégrer cela tant ils sont inoculés par la pensée unique et de culture de bas étage qu'il vont certainement qualifier ce poste d'élucubration de gauchiste sur le retour ! Bravo pour ce poste !

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