Les musées liégeois font leurs réserves
Issues du Maram, du musée du Verre, des Arts décoratifs, du musée d’Armes, un peu plus de 5.000 traces de l’histoire liégeoise sont exposées depuis son inauguration en 2009 au Grand Curtius. Mais où entreposer la centaine de milliers d’autres pièces ? Longtemps, les réserves muséales liégeoises ont dormi en un joyeux mais indigne capharnaüm dans les locaux de l’ancien magasin Innovation, rue Féronstrée. Elles sont désormais dans un ex-entrepôt de Cuivre & Zinc, à Grivegnée.
Poussée la porte, ce ne sont qu’étagères et rayonnages à perte de vue, petits et grands fragments de patrimoine soigneusement étiquetés et rangés, pour les plus ambitieux en attente d’une affectation meilleure, pour d’autres satisfaits de cet environnement immaculé. « Le hangar est chauffé mais même s’il devait y avoir une panne de gaz ou d’électricité, la chape de béton, les murs et les toitures isolées garantiraient une température constante pendant plusieurs jours, se réjouit Philippe Stiennon, le conservateur de ces réserves. Le taux d’humidité n’est que de 45 à 50 %, bien mieux que ce qu’on pouvait espérer. »
Seul bémol, provisoire : le sable de la cour qui, parfois, s’invite dans le hall d’entreposage. « Mais nous allons maintenant aménager un sas de déchargement pour que les nouvelles pièces soient préservées de la poussière et des chocs thermiques. » Patiemment référencés, les dizaines de milliers d’objets présents témoignent de la richesse d’un patrimoine, de la conscience, si ce n’est de la facétie, des conservateurs successifs aussi : mobilier Serrurier-Bovy, échantillons de sédiments et pointes de silex, antiques flacons et bouteilles de Seven Up ou de champagne, budgets communaux et vitraux, bénéficient de la même bienveillante considération. « L’objectif est d’ouvrir ces réserves, dont celles de la salle Ulysse Capitaine, aux chercheurs », embraye Jean-Marc Gay, directeur des musées de Liège. En attendant un nouveau déménagement, dans des locaux plus vastes encore, à Rocourt.


