Une toile d’Erasme laissée dans un tiroir
Le portrait de l’écrivain humaniste et théologien néerlandais Erasme (1469-1536) a été découvert cette semaine au Palais de Justice de Tournai. Une œuvre qui pourrait avoir été réalisée du vivant de cet homme considéré comme l’une des figures majeures du XVIe siècle.
« Il pourrait être attribué à Hans Holbein l’Ancien », raconte Jean-Pierre De Rycke, conservateur du musée des Beaux-arts de Tournai. Hans Holbein l’Ancien est un contemporain d’Erasme vu qu’il est né en 1460 et qu’il est mort en 1524. Mais cet artiste né à Augsbourg en Bavière a un fils qui porte le même patronyme que lui.
Hans Holbein le Jeune (1497-1543) s’était d’ailleurs lié d’amitié avec Erasme lors de son séjour à Bâle et avait peint un portrait du prêtre catholique évangélique en 1523. Cette huile sur bois est exposée au musée du Louvre à Paris. Cependant, ce n’est pas lui qui aurait peint l’œuvre qui se trouve à Tournai mais bien son père. « La qualité des œuvres d’Hans Holbein le Jeune est quasi photographique. Or, ce n’est pas le cas ici. Mais cette œuvre doit encore être analysée avant de l’attribuer définitivement », précise le conservateur.
Ce dernier dit que le tableau retrouvé au palais de justice fait partie d’une paire. Un portrait de Jean sans Peur (1371-1419), duc de Bourgogne et comte de Flandre, réalisé par Hans Holbein l’Ancien se trouve déjà au musée des Beaux-arts de Tournai. « Mais contrairement au portrait de Jean sans Peur, qui est une œuvre posthume, celui d’Erasme pourrait avoir été réalisé de son vivant. Ce qui pourrait en faire une œuvre potentiellement importante pour notre musée », estime le conservateur. Le tableau sera analysé pour voir aussi si c’est un original.
Lors de son inventaire, le conservateur avait remarqué qu’on avait perdu la trace de ce tableau. Comme d’autres œuvres, ce portrait avait été mis en dépôt dans le palais de justice. D’ailleurs, d’autres œuvres s’y trouvent. « Des œuvres de Louis Gallait se trouvent dans le bureau d’un confrère », confirme Jean-Bernard Cambier, substitut du procureur du Roi.
Par exemple, l’échevin de la Culture, Yves de Greef, avait reçu une œuvre de Théo van Rysselberghe pour décorer son bureau à l’hôtel de ville durant son mandat. « Cette œuvre est retournée au musée la semaine dernière », confirme l’échevin qui quittera son poste dans quelques semaines. L’art est donc partout dans la ville.


