« La recherche reste la force de l’UCL »
La machine à laver du futur viendra de l’UCL. Le laboratoire d’automatique et de robotique développe, en effet, un tambour sphérique qui permettra d’en améliorer le fonctionnement. En effet, ce tambour permettra de travailler, comme aux Etats-Unis, de manière verticale, ce qui permet de mieux répartir l’eau dans le linge, et comme en Europe, de tourner de façon horizontale, ce qui permet un meilleur essorage.
Cet exemple de technologie disruptive, en rupture avec le passé, nous est cité par Dominique Opfergelt, l’administrateur général de l’UCL. Une preuve parmi d’autres de la nécessité de l’université de trouver chaque année les quelque 150 millions d’euros – dont une grande partie des fonds européens, mais aussi 11 % financés par le privé – nécessaires pour permettre de faire progresser la recherche au cœur même du Brabant wallon. Un montant énorme, surtout quand on le compare aux 240 millions d’euros qui seront affectés, dans le budget 2013, pour le secteur académique (210 millions) et le secteur social (30 millions).
« 80 % de ce budget servent à payer les 5.541 membres de notre personnel, note Dominique Opfergelt. Mais nous ne délaissons aucun investissement. Je pense aux 175 logements étudiants supplémentaires (3.940 déjà existants sur Louvain-la-Neuve) qui seront finalisés pour la prochaine rentrée, mais aussi au nouvel auditoire en médecine de 960 places pour 2014 à Louvain-en-Woluwe, ou encore, pour fin 2015, le dossier de rénovation de la place Pasteur afin d’accueillir la bibliothèque au Réaumur, le site actuel devenant le Musée. Le tout, avec des finances saines, approuvées par des réviseurs. Le budget 2013 prévoit ainsi un boni d’un million d’euros. »
Ne pas vendre son âme au diable
Et de commenter : « Vu l’enveloppe fermée depuis 1999 de la Communauté française pour le financement des universités, nous avons dû trouver d’autres sources de financement. La Fondation Louvain, notamment, s’y emploie. En 2012, 54 nouveaux partenariats ont été signés entre l’UCL et des entreprises, tandis que des partenariats ont permis la création de 30 Chaires ou la mise en place de diverses bourses et prix. Ce n’est nullement une manière de vendre notre âme au diable. L’UCL reste, en effet, maître de ses programmes et de ses recherches. Nous sommes très clairs sur ce point, que ce soit auprès des entreprises ou des étudiants. Cette recherche reste ainsi notre force. Elle a permis le développement du parc scientifique, qui compte désormais 165 entreprises qui emploient un total de 5.100 personnes. »
Et c’est loin d’être terminé vu l’annonce de la création d’un China Belgium Technology Center (CBTC), avec quatre incubateurs sur 100.000 m2. « Ce 18 novembre, quatre partenaires chinois vont créer une nouvelle société, avec une ligne de crédit de 200 millions d’euros, nous précise Philippe Barras, l’administrateur-délégué de l’Inesu, qui gère le patrimoine immobilier de l’UCL. Séduit par l’écosystème de notre site voué à l’innovation, proche de la capitale européenne, le Whibi (Wuhan Hi-Tech International Business Incubator) va prendre 40 % du capital. 30 autres pour cent seront pris par la société Dongfeng Design Institute, peu connue chez nous mais qui, sur licence PSA, Nissan et Toyota, construit trois millions d’autos par an – Audi à Forest, en comparaison, c’est 150.000 véhicules. Cette société étudiera la conception de l’investissement à Louvain-la-Neuve, avec le bureau Verhaegen. La société Hua Yong, un holding public chinois d’investissement détiendra 20 % du capital, tandis que le solde le sera via le Most (Ministry of Science en technology) chinois. »


