S’ouvrir sur le monde, obligatoire
Le gouverneur Bernard Caprasse souhaite que la province de Luxembourg soit une terre d'ouverture, à tous niveaux. Il faut intensifier les synergies : la Province et les communes ont un rôle à jouer.
Luxembourg, une terre d’ouverture. Tel est le thème de la mercuriale que le gouverneur Bernard Caprasse a lue, vendredi. Un thème voulu au moment où « la tentation des replis identitaires, nationalistes ou individualistes surgit comme une possible réponse aux défis et difficultés de l’heure. La montée du chômage, de la pauvreté, le manque de visibilité de l’Europe, la mondialisation de l’économie vécue comme une menace, l’incroyable manque d’éthique de nombreux responsables aux commandes des plus grands groupes financiers internationaux n’incitent ni à la confiance, ni à l’optimisme. »
Le gouverneur estime qu’au contraire, il faut s’ouvrir sur le monde. Pour la province de Luxembourg, ce n’est pas qu’une image même « s’il ne faut ni minimiser ni exagérer les avancées. » On parle ici des relations avec la Chine, « devenue incontournable », notamment les relations avec la province du Heilongjiang, en matière de lutte contre le mildiou, avec le centre de recherche de Libramont, de vente de paillettes de Blanc Bleu ou de lutte contre la maladie de Kashin Beck, via une fondation qui a son siège à Forrières. Des relations existent aussi avec la province du Zou, au Bénin.
L’ouverture doit aussi être européenne. Le gouverneur dresse un constat peu flatteur de cette institution dont « on peut s’interroger sur la pertinence de son modèle. » Mais il estime que si les Européens ne comprennent pas l’Europe, il faut leur expliquer. Et en débattre, même au sein du conseil provincial, ce qu’il suggère une fois l’an.
Le transfrontalier, inutile de dire qu’il est fondamental en Luxembourg, avec le Grand-Duché voisin, mais aussi la Lorraine. Et là, il y a de nombreuses réalités et synergies à développer. En matière économique (avec Belval et Illange, en Lorraine, où un centre d’accueil des représentations chinoises va s’ouvrir), mais il faut aller plus loin dans les relations via « des plateformes qui mettraient en relation tous les secteurs. » Il souhaite, à ce titre, que les bourgmestres frontaliers tressent des relations plus soutenues avec les communes voisines, afin de créer une task force qui donnerait plus de visibilité auprès de nos gouvernements.
Plus concrètement, le gouverneur aborde deux dossiers qui lui tiennent à cœur : l’enseignement et les soins de santé. Deux secteurs-clés où les partenariats existent mais devront être plus forts. Avec les universités voisines, même si l’U.Lg a décidé de quitter l’université de la Grande Région, et entre hautes écoles. Côté santé, il s’agit aussi d’une priorité, l’alliance Arlon/Mont-st-Martin étant la base d’un départ fondamental. Ouverture, aussi, vers les pauvres, un mal discret mais bien réel dans nos campagnes.


