Gaza : va-t-il vraiment y avoir une trêve ce soir ?
Une trêve entre les groupes armés palestiniens de la bande de Gaza et Israël serait annoncée mardi soir au Caire. La prudence reste de mise.
Le Hamas, au pouvoir à Gaza, a tempéré mardi soir les rumeurs sur l’imminence d’une trêve avec Israël, soulignant qu’elle ne pourrait être annoncée que par l’Egypte et appelant les groupes armés palestiniens à « continuer à riposter aux crimes israéliens ».
« Le Hamas affirme ne pas avoir reçu jusqu’à présent la réponse d’Israël et demande à tous les médias de ne pas se précipiter. C’est la présidence égyptienne qui annoncera une trêve si un accord est conclu et le mouvement appelle la résistance à continuer à riposter aux crimes israéliens ».
Un membre de la direction en exil du Hamas, Ezzat al-Richq, dans un message sur son compte officiel twitter, indique également que « c’est la présidence égyptienne qui annoncera une trêve si un accord est conclu. Toute déclaration avant cela, ou différente de celle-ci, est irresponsable ».
Une trêve entre les groupes armés palestiniens de la bande de Gaza et Israël sera annoncée mardi soir au Caire, a-t-on affirmé de sources du Hamas et du Jihad islamique.
« Il y aura ce soir une conférence de presse conjointe du Hamas, du Jihad islamique et de l’intermédiaire égyptien pour annoncer une trêve », a indiqué à l’AFP une source au Jihad islamique, une information confirmée par une source du Hamas à Gaza.
Le président Mohamed Morsi « espère » qu’une trêve interviendra rapidement a déclaré mardi soir une source à la présidence, nuançant de précédentes déclarations du chef de l’Etat égyptien.
L’agence officielle Mena a dans l’après-midi rapporté des propos de M. Morsi dans lesquels il affirmait que « l’agression » israélienne allait « cesser aujourd’hui ».
« Les efforts pour parvenir à un cessez-le-feu entre Palestiniens et Israéliens vont avoir des résultats positifs dans les prochaines heures », avait ajouté M. Morsi, cité par Mena.
Le président américain Barack Obama a remercié mardi M. Morsi pour ses efforts en faveur d’une trêve, selon la Maison Blanche, alors que la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton est attendue dans la région dans les prochaines heures.
L’essentiel : la fin de l’occupation
Pour les pays arabes et les Etats musulmans, l’essentiel n’est pas d’obtenir une trêve pour mettre un terme à six jours d’effusion de sang à Gaza, mais de mettre fin à l’occupation israélienne, a déclaré mardi le secrétaire général de la Ligue arabe.
« Le vrai problème n’est pas une trêve », a dit Nabil al-Arabi devant les journalistes au cours d’une brève visite à Gaza à la tête d’une délégation de ministres arabes, au septième jour d’une nouvelle offensive militaire israélienne.
« Le véritable problème sur lequel les pays arabes, les Etats musulmans et tous les pays amis à travers le monde doivent concentrer leurs efforts est l’occupation (israélienne), pour y mettre un terme », a dit M. Arabi, alors que des efforts intenses sont déployés ces dernières heures, notamment par l’Egypte, pour parvenir à un cessez-le-feu.
La délégation arabe est arrivée mardi dans la bande de Gaza pour manifester sa solidarité avec l’enclave palestinienne visée par une nouvelle offensive israélienne depuis mercredi dernier.
Le ministre des Affaires étrangères de l’Autorité palestinienne Riyad al-Malki, et le chef de la diplomatie turque Ahmet Davutoglu font également partie de la délégation.
Le groupe inclut plus de 10 représentants de pays arabes, dont l’Egypte, l’Irak, la Tunisie, le Maroc, l’Arabie saoudite, a précisé un responsable du Hamas.
Les efforts diplomatiques s’intensifient
Les Nations unies, l’Egypte et les Etats-Unis intensifiaient leurs efforts mardi pour tenter d’obtenir un cessez-le-feu rapide entre Israël et le Hamas, au septième jour de l’offensive israélienne « Pilier de Défense » dans la Bande de Gaza, destinée à mettre fin aux tirs de roquettes sur l’Etat hébreu. Le président égyptien Mohamed Morsi a déclaré que l’« agression » israélienne contre Gaza prendrait fin le jour-même. Plus prudent, un responsable du Hamas a annoncé que le Mouvement de la résistance islamique était proche d’un cessez-le-feu avec Israël.
« Nous n’avons pas encore conclu l’accord, mais nous progressons, et cela sera probablement fait ce soir », a déclaré Moussa Abu Marzouk depuis Le Caire, la capitale égyptienne, où ont lieu les négociations entre les deux camps. Cet accord mettrait fin à près d’une semaine de conflit entre l’Etat hébreu et le Hamas, au pouvoir dans la Bande de Gaza, ayant provoqué la mort de 128 Palestiniens et de trois Israéliens.
M. Morsi, qui parlait à des journalistes à Zagazig dans le Delta du Nil, n’a fourni aucun argument appuyant sa prédiction. Il a seulement dit que les négociations entre Israël et le Hamas produiraient des résultats positifs dans les heures à venir.
De son côté, le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a assuré qu’Israël serait un partenaire déterminé dans un éventuel cessez-le-feu avec le Hamas. « Si une solution à long terme peut être mise en place par des moyens diplomatiques, Israël sera un partenaire déterminé », a-t-il déclaré à l’issue de sa rencontre avec le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-Moon, actuellement dans la région dans le cadre des efforts diplomatiques.
« Mais si les tirs se poursuivent, nous serons contraints de prendre des mesures plus larges, et nous n’hésiterons pas à le faire », a-t-il déclaré plus tôt dans la journée après un entretien avec le ministre allemand des Affaires étrangères Guido Westerwelle. L’armée israélienne, qui a rappelé des milliers de réservistes, a massé des troupes à la frontière avec le territoire palestinien, en prévision d’une éventuelle intervention.
La presse touchée
Deux journalistes d’Al-Aqsa tués Les affrontements se sont toutefois poursuivis mardi. Les Palestiniens ont continué à tirer des roquettes sur le sud d’Israël, alors que deux journalistes travaillant pour la chaîne de télévision du Hamas, Al-Aqsa, ont été tués par une frappe israélienne, a annoncé Al-Aqsa dans un communiqué. Un haut responsable du Hamas, Amin al Dada, a été tué par une autre frappe, selon Ashraf al-Kidra, un responsable des services de santé à Gaza.
Depuis le lancement de l’opération le 14 novembre, 128 Palestiniens, dont au moins 54 civils, ont été tués au cours des raids israéliens, selon un bilan des services de santé à Gaza. Quelque 840 autres, dont 225 enfants, ont été blessés. Côté israélien, trois civils ont été tués et des dizaines d’autres blessés par les tirs de roquettes du Hamas et de groupes islamistes alliés, d’après la police et l’armée. En une semaine, l’aviation israélienne a procédé à près de 1.500 frappes, alors que plus de 1.000 roquettes ont été tirées depuis la Bande de Gaza, dont certaines ont été interceptées par le système anti-missile « Dôme de fer ».
Le monde inquiet
En déplacement mardi au Caire, le secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon a appelé Israël et le Hamas à un cessez-le-feu immédiat, mettant en garde contre une escalade du conflit qui pourrait mettre en péril toute la région. « Cela doit cesser, des mesures immédiates sont nécessaires pour éviter une nouvelle escalade », a insisté M. Ban, en demandant à Israël de se garder de lancer une « opération terrestre » à Gaza. La visite de Ban Ki-moon intervient alors que le président égyptien Mohamed Morsi tente de négocier un cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, avec l’aide de la Turquie et du Qatar.
Hillary Clinton dépêchée dans la région Parallèlement, le président américain Barack Obama a dépêché mardi sa secrétaire d’Etat Hillary Clinton dans la région pour tenter de trouver une issue au conflit. Mme Clinton, qui se trouvait au Cambodge où elle accompagnait M. Obama dans son déplacement en Asie du Sud-Est, s’est envolée pour Israël. Elle devait rencontrer le Premier ministre Benyamin Nétanyahou à Jérusalem, le président de l’Autorité palestinienne à Ramallah, puis les dirigeants égyptiens au Caire. Les Etats-Unis soutiennent le « droit à l’auto-défense d’Israël », en soulignant qu’« aucun pays au monde ne tolérerait que des missiles pleuvent » sur sa population.
Vos réactions
Voir toutes les réactions @Mundele : Mais bon sang, c'est bien sûr ! Tout comme les Tchétchènes, Lituaniens, Estoniens etc., sous Staline, contraints de faire leurs paquets en deux heures pour une destination inconnue d'eux ou comme les Arméniens sous l'empire ottoman en 1915, les Juifs d'Europe, au début du XXème siècle, ont été forcés, manu militari, de quitter l'Europe pour une obscure opération "politique" de peuplement de la Palestine. Tout comme les Italiens, les Espagnols, les Marocains, les Turcs etc. ont été obligés, sous peine de mort, d'immigrer en Europe. N'empêche, vous avez raison sur un point : le Juif est un homme comme un autre et face aux pogroms récurrents à leur encontre en Europe, ils ont rêvé d'un lieu où pouvoir vivre en paix et en sécurité. Tout comme les immigrés, cités supra, ont choisi de vivre en Europe afin d'échapper aux conditions de vie misérables dans leur propre pays. L'herbe semble toujours plus verte ailleurs quand bien même ce ne serait que dan[...]
@wafwaf ou Big Ben....? Comme je le pense, le mépris des uns vaut celui des autres et il est faux de croire qu'en israël les fanatiques soient plus purs que ceux d'en face. Tiens les romains y étaient donc aussi, étonnant qu'ils ne réclament pas, eux aussi, des droits sur un territoire qu'ils ont contrôlé si longtemps, comme les turcs... ! Le droit moderne et civilisé est celui des "hommes" par celui de la terre et "importer" des gens sur une terre pour changer le rapport du nombre est une opération "politique" de peuplement... l'URSS et la Chine (grandes démocraties) en firent autant ! Le juif n'est, comme le palestinien, qu'un homme comme les autres.
@Mundele : Ben oui, des cinéastes israéliens, tels Samuel Moaz ou Ari Folman et d'autres encore dénoncent les atrocités des guerres. Par contre, je n'ai pas encore entendu parler de cinéastes palestiniens dénonçant, par exemple, le massacre de Damour au Liban, perpétré par les milices palestiniennes. Quant au mépris des Arabo-musulmans, Palestiniens compris, à l'égard des Juifs et d'autres d'ailleurs, il suffit de lire certains versets du saint livre pour s'apercevoir qu'il remonte à bientôt 1 400 années. "Des terres plus ou moins occupées" ? Vous finirez par me faire croire que Jésus était Romain.









@Mundele : Ce qui confirme que vous pensez ce que vous voulez et moi de même. J'opte pour la seconde option. Repeuplement serait plus adéquat. La preuve qu'aucun Juif ne fut contraint de quitter ses foyers pour en fonder un autre en Palestine ce sont les 6 000 000 de victimes de l'holocauste. S'ils avaient su le sort qui les attendaient, la Palestine aurait été drôlement plus peuplée au grand dam des Arabos-musulmans et du grand mufti de Jérusalem Hadj-Amin-Al-Husseini, grand admirateur d'Hitler.