« Le Brabant wallon est plutôt folk »
REBECQ. La 5e édition du Grand Tremplin aura lieu le 30 novembre, avec BaliMurphy comme parrain. Jonathan Buscarlet, son maître d’oeuvre, insiste sur le coaching des groupes qui veulent progresser. Un CD pressé à 5.000 exemplaires comprendra deux morceaux de chaque finaliste.
PORTRAIT
Son père écoutait « Pink Floyd », les « Beatles » ou les « Rolling Stones ». Ses premiers émois musicaux vinrent, eux, de « Radiohead » et de « Sigur Rós ». Pas étonnant que ses choix aillent plutôt, en cette année du cinquième Grand Tremplin, vers les morceaux de « Billions of Comrades ». Mais, quoi qu’il en soit, il reste un fan de musiques et de découvertes. Au point d’avoir réussi à en faire un métier.
Jonathan Buscarlet, 32 ans, de Rebecq, aurait pu devenir musicien. Tout jeune, il jouait déjà de la guitare et de la basse. Mais il préférait surtout aller dans toutes les salles du Royaume et des pays limitrophes découvrir de nouvelles sonorités. Pourtant, étrangement, son premier métier fut celui d’instituteur : « Je ne sais dire pourquoi, mais je sentais le besoin de travailler dans le concret. J’ai pu le faire pendant un an, avant de reprendre des études plus intellectuelles, en littérature romane, avant de me spécialiser pendant un an en gestion culturelle. Mes stages, j’ai eu l’occasion de les faire au Conseil de la Musique ou à l’Espace Senghor. Je m’étais donné dix ans pour percer dans la musique. Au bout d’un an, j’étais engagé au Centre culturel du Brabant wallon… »
Depuis cinq ans, Jonathan Buscarlet est ainsi « Monsieur Grand Tremplin ». Une organisation qui n’a eu de cesse de s’améliorer : « J’insiste beaucoup sur le coaching des groupes. D’une journée au départ, il est à présent de six jours, dont deux pour le passage à l’enregistrement. Cela permet vraiment à chacun de se développer et de donner les sonorités souhaitées aux deux morceaux que l’on retrouve sur la compilation de l’année, pressée à 5.000 exemplaires et offerts lors des Tremplins. Voilà qui leur permet de se faire connaître encore mieux. Et ce qui me réjouit, c’est que tous les groupes me disent qu’il y a un avant le Grand Tremplin et un après. »
L’internet n’est pas tout
Pour faire passer une identité ? « Je dirais que le Brabant wallon est plutôt folk, avec des musiques relativement calmes et des ambiances éthérées. Mais je ne souhaite pas réduire les groupes à un style. Il y en a vraiment pour tous les goûts. Preuve en sont les quelque 200 groupes qui tentent chaque année d’être sélectionnés à notre concours. Avec l’internet, le monde de la musique a bien évolué. Tout le monde a désormais la possibilité d’écouter de tout et de se sentir une vocation. Certains percent le temps d’un album, d’autres durent, tandis que les derniers font cela pour leur plaisir. Mais tous demandent à évoluer. »
Un Grand Tremplin qui prend un virage avec « Nationale 5 », un concept qui regroupe les cinq provinces wallonnes, afin de promouvoir les groupes, mais aussi un partenariat avec le Festival Mach 6 en France, « pour permettre à notre vainqueur – comme Noon l’an passé – d’aller se faire connaître à Arpajon, à 30 km au sud de Paris. Cette année, c’est leur groupe de métal Hakéa qui viendra se faire connaître à Louvain-la-Neuve ».
Jonathan Buscarlet se retrousse les manches. De quoi faire apparaître la vigne qui tatoue son épaule droite. Sur son écran d’ordinateur apparaît sa petite Saoirse – prononcez Sircha –, 2,5 mois, un prénom gaélique qui signifie « liberté ». Voilà qui sonne déjà comme une chanson…







