Mieux connaître nos faïences disparues

Jean-Luc Bodeux
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ARLON. L’hiver est une belle saison pour s’infiltrer dans les musées, histoire de découvrir le patrimoine régional. Cette fois, le Musée Gaspar ouvre ses salles à la faïence fine d’Arlon et Attert. Le musée propose des animations sur ce thème.

  • Faïenceries à usage quotidien ou religieux, le Musée Gaspar permet de découvrir de bien jolies pièces, produites durant une vingtaine d’années à fin du XVIIIe siècle. © D.R.
    Faïenceries à usage quotidien ou religieux, le Musée Gaspar permet de découvrir de bien jolies pièces, produites durant une vingtaine d’années à fin du XVIIIe siècle. © D.R.

Le temps d’une génération, Arlon et Attert ont vécu au rythme de la faïence, il y a un peu plus de deux siècles. Des faïences inspirées par ce qui se faisait chez Boch à Septfontaines et dont on retrouve encore de franches inspirations dans l’actuelle collection du Vieux Luxembourg, de Villeroy et Boch.

C’est à ces créations que le Musée Gaspar consacre ses salles d’exposition temporaire, jusqu’en avril 2013. Une exposition qui ravira les amateurs de patrimoine local, connu mais rare. Car la production n’a finalement fonctionné que de 1780 à 1809 à Attert, et un peu moins à Arlon, la ville ayant été ravagée par un incendie durant la révolution française, le 11 mars 1785.

C’est dire si les pièces présentées, propriétés du musée et de collectionneurs privés, sont rares et exceptionnelles.

Ces pièces ont été façonnées à l’origine par des ouvriers qui avaient quitté la maison mère de Septfontaines, installée à l’origine à Autun, en Lorraine française. Des modèles de faïencerie fine, de type anglaise, vernissée et non poreuse, qu’appréciait une partie aisée de la population. De superbes réalisations, tous azimuts, mais aussi des objets cultuels, réalisés à la demande, comme ce socle d’autel réalisé pour l’église d’Attert.

C’est dans le domaine Poncelet, actuel domaine communal, que la faïencerie avait trouvé place, sous la houlette de Jean-Philippe Poncelet, au grand dam de ses frères et sœurs. On pourra aussi découvrir au musée Gaspar de la vaisselle plus grossière, réalisée par la poterie Buttel d’Attert.

Arlon a connu trois emplacements distincts pour sa faïencerie, rue de la Synagogue, sur le site de l’ancien palais de justice et sur l’emplacement de l’hôtel de ville. C’est le peintre viennois Kryhuber, qui avait quitté Septfontaines pour Attert, qui lancera la faïencerie d’Arlon en s’associant à des financiers du cru.

« Tout un plat, faïences fines d’Attert, Arlon et environs », au Musée Gaspar d’Arlon, jusqu’au 14 avril. 063-600.654 et ww.ial.be

Une expo à voir sous diverses formules, en visite seule ou guidée, voire avec des animations personnalisées, notamment pour les enfants. Visites de groupes et scolaires possibles. Ateliers pédagogiques les mercredis 21/11 et 12/12 (créations de céramique), de 14 à 16h, et durant sept mercredis de début 2013.

Osez la rencontre !