Plan W : le retour
Septembre 2011. Rappelez vous : le Plan W ou Plan Wallon. Publié dans ces colonnes, ce nom crée la sensation. L’idée, embryonnaire et secrète, est nourrie par Jean-Claude Marcourt, ministre wallon de l’économie, qui souhaite mettre le turbo au développement wallon. La chronique de Béatrice Delvaux dans De Standaard
Le passage de nouvelles compétences aux régions, la fin programmée des transferts financiers et la perspective d’une victoire massive de la N-VA aux élections de 2014, font selon lui, que le temps presse : il faut que la Wallonie puisse à terme rapide, assurer son avenir en comptant sur elle-même.
L’idée de Marcourt est de rassembler un groupe de gens motivés pour élaborer la stratégie d’attaque. Las ! Le plan, dévoilé, assorti aux confirmations par Jean-Claude Marcourt, de sa volonté régionaliste, soulèvent émotion et colère dans les rangs socialistes. Marcourt est accusé de trahir la cause francophone et les socialistes bruxellois s’estiment lâchés. Le tandem Di Rupo-Giet intervient, demande à chacun de se concentrer sur les communales et, à Marcourt, de rentrer dans le rang. Le leadership de Rudy Demotte à la tête de la Région wallonne, contesté par les partisans du plan W, est conforté par le top du PS. Demotte dégainera quelques mois plus tard le Plan Wallonie 2022. Fin de l’Acte I.
Novembre 2012. Les élections communales sont derrière nous. 2014, mère de toutes les élections, régionales notamment, s’annonce, de même que l’Acte 2 du Plan W. Ce n’est plus Jean-Claude Marcourt qui sort du bois, mais deux autres soldats de gauche : Jean-Pascal Labille, président de la Mutualité socialiste et Thierry Bodson, secrétaire général de la FBTG wallonne. Tous deux font leur coming out régionaliste dans Le Soir la semaine dernière. Thierry Bodson est même très clair dans l’émission Le Grand Oral RTBF-Le Soir : « Il faut quatre régions, et plus de communautés », Le syndicaliste estime que cette tendance régionaliste est désormais dominante au PS. Les deux hommes, influents personnages du monde francophone, sont assassins pour l’immobilisme wallon. Bodson : « Le gouvernement wallon traîne énormément. Je ne vois pas de signe tangible que l’on se prépare à l’accueil des (nouvelles) compétences . Il y a urgence pourtant. Il y a en Wallonie une difficulté globale du monde politique à prendre ces dossiers à bras-le-corps. » Il tire sur le plan Wallonie 2022 - « du blabla déjà connu produit par des experts cher payés »- et un Demotte, jugé beaucoup trop mou, comme Thierry Giet, le président du PS.
Jean-Pascal Labille surenchérit dans l’impatience face aux transferts de compétence: « Il reste deux ans pour se préparer. Il faut s’y mettre ». La remarque pèse lourd car Labille est non seulement président de la Mutualité, mais aussi de la Société Régionale d’investissement de Wallonie (SRIW) et jusqu’il y a peu, du Forem. Mieux, Labille passe à l’acte. Devant les opérateurs du secteur de santé, il a défendu la semaine dernière, le principe d’une régionalisation du secteur. Son argument ? Dès 2015, la Sécu fédérale ne gérera plus les allocations familiales, la politique de l’emploi, l’aide aux personnes âgées, le financement des maisons de repos, les investissements hospitaliers. Et les régions, contrairement à la Fédération Wallonie Bruxelles, peuvent utiliser la fiscalité pour assurer le financement de ces secteurs. Dès lors, pour Labille, pas de doute: « La logique des réformes successives de l’Etat affirme le fait régional. Je préfère ne pas mettre le sort des Wallons entres les mains du gouvernement bruxellois qui n’évitera peut être pas la paralysie, dans la foule des élections régionales. Et puis la population bruxelloise est différente, plus jeune. Chaque région développera sa politique sociale ». Même s’il précise qu’il n’est pas question de laisser tomber Bruxelles mais de conserver des liens forts avec elle, la prise de position est très forte.
La conversion régionale est en marche côté francophone. Labille et Bodson, sont proches de Jean-Claude Marcourt, et ne font ici que relancer le Plan W que leur ministre de l’économie favori ne peut plus ouvertement pousser. Mais le duo exprime aussi les craintes qui vivent chez nombre d’acteurs wallons en voyant le monde politique francophone, en particulier socialiste, congelé. Le régional attend le fédéral, et le fédéral a le nez sur la survie de la Belgique, politiquement et économiquement. Le PS, lui, est toujours coincé dans l’ambiguité d’un Premier ministre, qui reste le président souterrain du parti. Alors que les échéances se rapprochent et les enjeux s’alourdissent..
Vos réactions
Voir toutes les réactions Mencken Pourriez vous préciser l'évolution de la "Terre Flamande" au cours de l'histoire? Je me suis laissé entendre dire que le brabant n'était pas synonyme de "terre flamande"... Je suppose que dès qu'on y touche, on devient flamand, un peu comme "l'argent flamand".
Objectivement parlant. Bruxelles-Capitale est en terre flamande, géographiquement et historiquement. La forêt de Soignes qui sépare Bruxelles-Capitale de la Wallonie est infiniment plus ancienne que la Belgique moderne. Le destin de Bruxelles-Capitale est d'être le lieu de rencontre naturel des belges néerlandophones et francophones.
Nous les Bruxellois, nous voulons aussi notre indépendance! Je peux comprendre que la région flamande veuille son indépendance, je peux comprendre que les Wallons ne soient pas intéressés par Bruxelles. Nous les Bruxellois avons aussi nos spécifités(multilinguisme, cosmopolitanisme), nous ne voulons pas être une monnaie d'échange entre la région wallone et la région flamande. Bruxelles doit aussi obtenir son indépendance et devenir une région égale aux autres régions, Bruxelles ne doit plus mendier un financement aux autres régions, Bruxelles doit se financer ellle-même par la percepion régionale des impôts. Les communautés doivent disparaître car elles empêchent Bruxelles de fonctionner correctement et il faut renforcer le lien avec la Wallonie, par exemple en organisant une fédération des deux régions et partager ensemble des compétences fiscales pour organiser la solidarité francophone. 3 ou 4 régions indépendantes svp, ne vendez pas Bruxelles!
Il faut savoir que les compétences telles que les Alloc Fam, et politique de la Santé sont officiellement transférées aux Communautés contrairement aux autres compétences. Mais à Bxl notamment pour les enfants il est impossible de faire la part entre les enfants néerlandophones et francophones, ce sera donc la Cocom (Commission Communautaire Commune) qui aura la charge de cette compétences comme celle liées à la Santé. Donc dans les faits à Bxl ces compétences sont régionalisées. ET quid pour la Wallonie? Ce qui est bon pour Bxl doit l'être aussi pour la Wallonie et donc ces compétences seront aussi régionalisées de fait comme à Bxl. Vs voyez ainsi que la, les Communautés sont impraticables. A terme elles devront disparaître pour faire place aux Régions qui vont avoir dans la nouvelle réforme des moyens fiscaux accrus(+ 25%). Les Communautés n'ont aucune autonomie fiscale et ne peuvent donc pas faire face à des besoins financiers nouveaux.









@ Mencken. Je vois que la NVA est désespérée pour tenter de prouver que Bruxelles (Bruocsella historiquement) serait flamande (ce qui n'a jamais été le cas). Faire appel aux arbres est donc la dernière blague en date. C'est drôle :-) A quand un show sur VTM ?