ArcelorMittal : « C’est todi les p’tits k’on spotche »
L’ultimatum de la direction prend fin ce soir. Seule la moitié des employés a approuvé le projet d’accord, ce qui laisse 75 % de travailleurs insatisfaits. « Depuis le premier jour, ils ont la volonté de licencier. C’est un torchon et ils veulent nous faire porter le chapeau ».
On est loin d’un accord à Liège concernant la fermeture de la phase à chaud d’ArcelorMittal. Début de semaine, ouvriers et salariés ont rejeté le projet d’accord élaboré par la direction visant à sauver selon certains, tuer selon d’autres, le plan social et industriel.
Mardi, les syndicats se sont donc rendus à Luxembourg pour rencontrer les responsables du groupe, avec sous le bras, des modifications apportées à l’accord.
Un torchon
« Pas la moindre virgule n’a été modifiée », s’emporte David Camerini de la CSC ouvriers. « Ils nous ont donné un ultimatum jusqu’à ce jeudi soir, afin qu’on accepte leur projet d’accord, leur torchon, sinon ils effectuent des licenciements dixit la direction. Le tout premier point de notre revendication n’est même pas respecté : à savoir ne pas licencier, alors que c’est totalement réalisable ! », explique le représentant syndical.
« Depuis le premier jour, ils sont cette volonté de licencier, sauf qu’ils veulent en plus, nous faire porter le chapeau. Il n’y a ni plan industriel, ni plan social. Aujourd’hui tout le monde est licenciable légalement mais sans compensation. Ils brassent des milliards, ils ont reçu des appuis de notre gouvernement et là, ils ne sont même pas capables d’avoir un plan social et un plan industriel acceptables », dit-il.
Des employés séduits
Néanmoins, ce matin à Rocourt, 50,4 % des employés d’ArcelorMittal à Liège ont approuvé le projet d’accord de la direction, concernant le volet social lié à l’arrêt de la phase à chaud. En détail, 391 d’entre eux ont dit oui quand 385 autres se sont prononcés contre.
« L’avis des travailleurs est majoritairement et mathématiquement contre l’accord », en déduit Jean-Luc Rader, secrétaire régional FGTB Métal. « 100 % des ouvriers l’ont rejeté, la moitié l’a approuvé tandis qu’une autre l’a rejeté, la traduction est que 75 % des travailleurs d’ArcelorMittal s’y opposent ».
« J’ai demandé à ce que les bulletins soient recomptés », indique Egidio Di Panfilo, secrétaire général du SETCa. « C’est une situation inédite, qui induit une décision difficile, quelle qu’elle soit. Nous organiserons peut-être un nouveau vote, afin d’obtenir une majorité franche, de 66 %, comme le prévoient nos statuts. Nous allons nous concerter dans les prochaines heures pour voir comment réagir. Nous ne pouvons pas prendre attitude à l’heure actuelle ».
Des réunions avec les différents syndicats seront organisées dans le courant de l’après-midi, note l’agence Belga.
« Nous voulons revenir à la table des négociations, être écouté mais surtout entendu. Il y a aussi le volet industriel qui est remis en cause. Dans leur plan, cela ne concernait que 5 lignes sur 12 et là-dessus, ils ne garantissent même pas la moindre tonne de production », ajoute Jean-Luc Rader.
L’immobilisme politique en cause
Les syndicats s’étonnent et s’inquiètent aussi dans l’absence de tout commentaire de la part du monde politique. En conséquence, ils ont envoyés à divers ministères une lettre ouverte. « Depuis que nous sommes sur le volet social, et qu’il y a des menaces de licenciements, on n’entend personne. En plus le groupe a bénéficié d’énormes avantages sociaux. Ils doivent réagir », conclut le secrétaire régional FGTB Métal.
ArcelorMittal Liège : un silence assourdissant
Mesdames et Messieurs les politiciens,
Voici 13 mois, le groupe ArcelorMittal a pris la décision de fermer la phase à chaud de la sidérurgie du bassin de Liège. Une fermeture synonyme de la perte de milliers d’emplois, directs et indirects dans toute la province et même au-delà. Avec l’aide, malheureusement insuffisante, de certains d’entre vous, nous avons mis toute notre détermination à maintenir une sidérurgie intégrée (chaud + froid) à Liège. Notre projet en ce sens a été balayé d’un revers de la main par le groupe ArcelorMittal.
Depuis, on ne vous entend plus. C’est le silence parmi le monde politique belge, wallon et liégeois. Un silence qui devient assourdissant aujourd’hui quand se joue le futur de centaines de travailleurs, de centaines de familles. Nous avons négocié pendant plusieurs semaines, dans des conditions difficiles, des conditions de départ (indemnités, prépensions) que nous souhaitions décentes pour des travailleurs mis à la rue comme des malpropres par un groupe qui brasse des milliards d’euros. Une fois encore, ArcelorMittal a jeté nos revendications à la poubelle.
Nous ne sommes pas des singes à qui l’on lance des cacahuètes. Nous ne sommes pas non plus des mendiants que l’on fait chanter dans la rue en les menaçant de licenciements secs comme le prévoit l’ultimatum que la direction d’ArcelorMittal a fixé à ce jeudi soir. Nous sommes par contre médusés de votre silence que l’on redoute complice, vous qui n’êtes pourtant pas les derniers à parader devant micros et caméras. Où sont les ministres, où sont les parlementaires, où sont les bourgmestres, ces représentants d’un peuple dont ils ont tendance à oublier qu’ils en sont issus ?
Nous vous cherchons, mais vous vous cachez. Nous vous appelons, mais vous ne répondez pas. Pire, votre complicité avec ArcelorMittal paraît également active. Il nous revient que plusieurs bourgmestres de l’agglomération liégeoise ainsi que le ministère de l’Intérieur sont prêts à déployer des pelotons de policiers devant le Centre Acier de Flémalle. Le bras armé de la répression au service d’un milliardaire qui assassine l’emploi…
Nous sommes en 2012, mais rien n’a fondamentalement changé en cent ans. La protection de l’argent continue à prendre le pas sur celle des travailleurs. Une fois encore à Liège comme ailleurs, c’est todi les p’tits k’on spotche.
Jean-Luc RADER, Jordan ATANASOV.
Vos réactions
Voir toutes les réactions Cette vague de fermetures d'usines en Europe est la démonstration du déclin accéléré de ce continent. La Commission européenne libérale laisse faire cette liquidation. Au nom du libéralisme économique elle appauvrit les gens vivant de leur travail.
d'abord la question n'était pas si l'on acceptait le plan de la direction ou pas c'était continuons nous le combat syndical ou pas . Ensuite ceux qui voulait l'arrêt sont restés jusqu'au bout du dépouillement ; des bulletins ont été écartés comme nuls (on avait barré au lieu d'entourer ). Jamais il n'a été dit qu'il fallait 66 % lors de l'assemblée pour arrêter le conflit ..alors à partir du momment ou le non l'emportait ; on arrête les gens sont partis ...
La démocratie c est juste bon pour les riches... courage les métallos, je suis de tout coeur avec vous. Et pour ceux qui croient que la métallurgie est une chose depassee, regardez autour de vous et chez vous, vous comprendrez que du metal on en a besoin pour bcp de choses et qu il n est pas vain de continuer a en produire et innover. Pourquoi laisser filer ce marché ailleurs au bout du monde alors que ns avons l outil, les hommes de bonne volonté et des chercheurs prets a se lancer plus loin ds l aventure. Ils ont 1000 fois raison de defendre leur dignité face a ces vampires.



Que l'on diffuse au grand public les bases de cet accord, tous les emplois était quasi sauvé par une préretraite, un reclassement dans le froid et une création de société de démantèlement qui avait sans doute du boulot pour 20ans. En plus ce ça, nos cher syndics exigent un salaire plein toute la durée de la pré pension et un prime de dommage morale pour ceux qui reste salariés Mittal.... Bravo les gars, grâce a vous les C4 sont a l'impression.