Bertrand Piccard à l’UMons

Frederic Delepierre
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  • Intéressés par la venue du prestigieux explorateur suisse Bertrand Piccard dans l’auditoire 12 de la faculté polytechnique, les futurs ingénieurs montois n’ont pas hésité à lui poser des questions sur ses projets et sur l’utilité d’avoir créé l’avion solaire Solar Impulse. © avpress.
    Intéressés par la venue du prestigieux explorateur suisse Bertrand Piccard dans l’auditoire 12 de la faculté polytechnique, les futurs ingénieurs montois n’ont pas hésité à lui poser des questions sur ses projets et sur l’utilité d’avoir créé l’avion solaire Solar Impulse. © avpress.

L’UMons avait revêtu ses habits de gala en ce jeudi. C’est que la journée était un peu particulière. A l’occasion du 175e anniversaire de la faculté polytechnique, l’université recevait cinq sommités du monde scientifique afin de les nommer docteurs honoris causa. A leur tête, Bertrand Piccard – initiateur et président du projet Solar Impulse – et André Borschberg, cofondateur et directeur du même projet. Honorés également, Hervé Biausser est directeur de l’Ecole centrale de Paris et He Manchao est pour sa part vice-président de la société chinoise de mécanique des roches. Le dernier est l’une des fiertés de la Belgique puisqu’il s’agit de l’astronaute Franck De Winne qui a participé en 2002 et 2009 à deux missions sur la station spatiale européenne.

En matinée, en prélude aux festivités, Bertrand Piccard a accepté de rencontrer des futurs ingénieurs civils, étudiants en quatrième année. But : discuter de leur future carrière et surtout de Solar Impulse, cet avion doté de panneaux solaires qui vole jour et nuit sans le moindre carburant. Un aéronef avec lequel l’aventurier compte réaliser un tour du monde en 2015.

« Au-delà de l’exploit, ce qui nous intéresse, affirme l’explorateur suisse, c’est de populariser les technologies qui peuvent réduire la consommation d’énergie. L’attitude des gouvernements est de dire que tant que les énergies actuelles fonctionnent, nous pouvons continuer. Les entreprises, elles, demandent pourquoi il faudrait changer. Avec notre tour du monde, nous voulons aller derrière les évidences. Rendre le projet utile et susciter des réactions. »

« Quelle est l’empreinte carbone totale du projet Solar Impulse ? », demande un étudiant. « Un avion classique consomme trois litres de kérosène par personne aux 100 km, répond Bertrand Piccard. Le Solar Impulse, lui, en a consommé au cours de son élaboration plusieurs milliers de tonnes, c’est sûr. Mais c’est pour économiser plus tard. »

« Pour faire aboutir votre projet, il vous a fallu de la force de conviction afin d’attirer des sponsors et des partenaires », poursuit un autre étudiant. « La vraie folie, répond l’explorateur, c’est d’accepter de vivre dans un monde qui accepte de brûler des milliers de tonne de carburant par heure. On a bien réussi à envoyer des astronautes sur la Lune. Donc, rien n’est impossible. Pour réussir, il ne faut pas avoir peur de rater. »

Osez la rencontre !