Les pièces de théâtre à aller voir cette semaine

Axe

Le 9 décembre au Théâtre de La Louvière

Sous-titrée De l’importance du sacrifice humain au XXIe siècle , la pièce d’Agnès Limbos et Thierry Hellin met en scène un couple de dictateurs tentant de rester debout, accrochés à leurs privilèges, alors que leur monde s’écroule. Attention, cette fantaisie quasi muette s’adresse surtout aux amateurs d’absurde beckettien et de surréalisme belge. Vous ne verrez plus jamais certains objets de la même manière. (C.Ma.)

Conversations avec ma mère

Le 6 décembre au Manège (Mons)

Jacqueline Bir et Alain Leempoel interprètent magistralement les deux personnages de ce huis clos plein d’humour et d’émotion : une mère de 82 ans et son fils quinquagénaire rattrapé par la crise économique. La mise en scène subtile de Pietro Pizzuti sert parfaitement un texte qui ne sombre jamais dans les pièges de la « bien-pensance » ou du happy end facile, préférant la vraie vie avec son lot de bonheur, de malheur, de tendresse, de jalousie, de retournements et d’événements inexplicables. (J.-M.W.)

Délestage

Jusqu’au 23 décembre au Théâtre de Poche (Bruxelles)

C’est l’histoire d’un homme élevé au pays des coupures d’électricité et qui, pourtant, décharge sur scène une énergie à mille volts. Avec une présence magnétique, l’auteur et comédien David-Minor Ilunga nous fait voyager entre Bruxelles et Kinshasa pour diagnostiquer nos courts-circuits, d’un côté comme de l’autre, abordant, en vrac, les migrants, la pauvreté ou le viol comme arme de guerre. (C.Ma.)

J’accuse

Jusqu’au 9 décembre au Rideau de Bruxelles / Atelier 210 (Etterbeek)

Elles ont beau être frustrées et enragées, les cinq femmes convoquées ici semblent plutôt accuser le coup qu’accuser tout court. Le manque d’amour de l’une répond au trop-plein d’amour inutile de l’autre. Le racisme de celle-ci fait écho aux efforts désespérés de celle-là pour être acceptée par son pays d’accueil. L’arrogance de la classe moyenne suit le mépris d’une classe ulcérée de se sentir inférieure. Un texte dru et drôle d’Annick Lefebvre. (C.Ma.)

La convivialité

Mercredi à Leuze, jeudi à Verviers, vendredi et samedi à Obourg, mardi au Roeulx

Et si l’orthographe n’était qu’un outil de discrimination sociale ? Deux profs – Arnaud Hoedt et Jérôme Piron – partent en croisade contre un dogme qui a des effets bien plus politiques que syntaxiques sur notre société. Avec beaucoup d’humour, ils retracent l’histoire des absurdités de la langue française et questionnent l’entreprise de sacralisation qui étouffe tout débat. (C.Ma.)

L’affaire de la rue Lourcine

Jusqu’au 16 décembre au Théâtre des Martyrs (Bruxelles)

Lenglumé se réveille avec une gueule de bois et trouve dans son lit un homme dans le même état, Mistingue. Leurs souvenirs de la veille sont vagues et, à la lecture d’un article sur le meurtre d’une jeune charbonnière, retrouvée dans la rue de Lourcine, craignent soudain d’en être les meurtriers. Drôle d’objet que ce Labiche mis en scène par Thibaut Wenger dans un mélange de comédie lourdingue et de fantasme cauchemardesque. (C.Ma.)

Le Noël de Monsieur Scrooge

Jusqu’au 17 décembre et le 31 décembre au Théâtre royal du Parc (Bruxelles)

C’est tout simplement la pièce parfaite pour se mettre dans l’ambiance de Noël. La mise en scène de Patrice Mincke transforme ce conte de Charles Dickens en une tendre et ludique parabole sur la solidarité. Comme toujours au Théâtre de Parc, le décor se déplie en mille miraculeuses métamorphoses pour nous faire voyager dans les rues de Londres au XIXe siècle ou dans les airs, à bord du traîneau du Père Noël. Guy Pion y est un M. Scrooge d’enfer ! (C.Ma.)

Les faux British

Jusqu’au 31 décembre au Public (Saint-Josse-ten-Noode)

Dans un manoir anglais gît un homme assassiné. Tout annonce une énigme policière façon Agatha Christie sauf que la pièce bifurque vers une parodie où les catastrophes techniques s’entrechoquent. Les uns oublient leur texte, les autres sont assommés par le décor. Les accessoires s’égarent et le régisseur emmêle les bandes-son. Bref tout foire allégrement, à un rythme pétaradant, au fil de gags exploités jusqu’à la corde. (C.Ma.)

Slips Inside

Jusqu’au 9 décembre à l’Ancre (Charleroi)

On le pensait enterré, has-been , espèce en voie de disparition. Pourtant, le slip kangourou fait un retour fracassant grâce au duo clownesque de Okidok. Acrobaties volontairement bancales, humour testostéroné et défilés joyeusement ridicules, nos deux compères ont le slip joyeusement rembourré ! (C.Ma.)

The Wild Party

Jusqu’au 14 décembre au Boson (Ixelles)

Adaptée de Joseph Moncure March, cette pièce musicale exsude une fièvre contagieuse qui vous fait frétiller les pieds autant que les oreilles. Jugé obscène et censuré à sa sortie en 1926, le texte nous emmène dans le New York des années folles, dans un bar où Queeny la blonde allume les hommes à tour de bras. Benoît Verhaert – somptueusement accompagné de musiciens jazz – improvise, joue avec le public et chauffe diablement la salle. (C.Ma.)

Un tailleur pour dames

Jusqu’au 8 décembre au Théâtre Jean Vilar (Louvain-la-Neuve) puis en tournée

Avec une idée de génie dans la scénographie, Georges Lini renverse complètement (et littéralement) les ressorts de ce vaudeville, transformant la mécanique comique de Feydeau en une mécanique de jeu sportivement retorse. Attention, spectacle ébouriffant ! Tous formidables, les comédiens finissent en apothéose dans une gymnastique acrobatique des plus étonnantes. Feydeau ne nous avait plus fait pouffer ainsi depuis longtemps ! (C.Ma.)

Jeune public

Boris et les sœurs Sushis

Jusqu’au 8 décembre aux Chiroux (Liège), du 10 au 13 décembre au Centre culturel de Namur

Une fable explosive sur les talons d’un ogre qui va découvrir l’école et se lier d’amitié avec deux sœurs à la fibre artistique chevillée au corps. Il y sera question aussi d’une maman complètement dépassée et d’un loup solitaire, gourmand mais pas téméraire. C’est bien simple, on y rit du début à la fin. (C.Ma.)